Les constructeurs automobiles chinois en pleine expansion en Europe


Principaux renseignements

  • Les constructeurs automobiles chinois gagnent rapidement du terrain sur le marché européen grâce à leur offensive sur le segment électrique.
  • Ce succès repose sur l’alliance entre innovation technologique et prix compétitifs, une formule qui séduit les consommateurs européens.
  • En implantant ses propres usines en Europe, le secteur contourne les barrières commerciales et optimise ses flux logistiques.

Les constructeurs automobiles chinois s’imposent rapidement sur le marché automobile européen, très concurrentiel. Portées par des avancées technologiques que leurs concurrents cherchent à imiter, ces marques ont réussi à conquérir une part de marché impressionnante en très peu de temps.

L’essor des marques chinoises

Il y a seulement trois ans, des noms tels que BYD, Chery, Geely et XPeng étaient largement inconnus en Europe. Cependant, ils détiennent désormais 9 pour cent du marché automobile européen et une part encore plus importante de 14 pour cent du segment des véhicules électriques, selon Dataforce. Cette croissance remarquable reflète un doublement de leur part de marché en l’espace d’un an, certains modèles se classant parmi les meilleures ventes sur des marchés clés comme l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni.

Impact sur le marché européen

Cette montée en puissance ébranle l’industrie automobile européenne, alors que le marché intérieur décline et que Bruxelles impose des règles strictes pour l’électrification des transports. L’Union européenne ambitionne en effet que 90 pour cent des nouvelles ventes soient électriques d’ici 2035. Cet objectif crée une opportunité en or pour les constructeurs chinois. Ces derniers disposent en effet d’une avance considérable sur leur propre marché, puisqu’ils bénéficient depuis longtemps d’un soutien gouvernemental massif.

L’Europe représente un débouché crucial pour ces entreprises chinoises, en particulier compte tenu de la surcapacité à laquelle elles sont confrontées sur le marché intérieur. Leurs usines ne fonctionnent qu’à 50 pour cent de leur capacité, contre environ 60 pour cent pour leurs homologues européens, ce qui souligne la nécessité de s’étendre vers de nouveaux marchés.

Les voitures chinoises sont plus perfectionnées

Au-delà de des coûts de main-d’œuvre compétitifs, les constructeurs chinois possèdent un avantage distinct en matière d’innovation. Ils proposent des véhicules dotés de fonctionnalités et de performances avancées à des prix nettement inférieurs à ceux de leurs concurrents européens. Cette combinaison de valeur ajoutée et de technologie de pointe s’avère très attractive pour les consommateurs européens.

La prochaine étape logique pour ces entreprises ambitieuses est la production locale en Europe. Les analystes s’accordent à dire que l’implantation de sites de production sur le continent sera essentielle pour une croissance durable, leur permettant de contourner les droits de douane et de rationaliser la logistique. La construction d’une usine par BYD en Hongrie et le partenariat de Leapmotor avec Stellantis pour la production en Espagne illustrent cette tendance.

Coentreprises inversées

Pour survivre, les constructeurs européens copient la stratégie appliquée par la Chine il y a 20 ans. À travers des coentreprises avec des innovateurs chinois, ils acquièrent les connaissances nécessaires pour accélérer leur transition électrique. Les alliances de Stellantis avec Leapmotor et de Volkswagen avec XPeng démontrent que les rôles sont désormais totalement inversés. Alors que les marques européennes considéraient autrefois leurs partenaires chinois comme de simples suiveurs, elles dépendent aujourd’hui de leur avance technologique. Renault suit également cette voie en collaborant avec Geely sur les moteurs hybrides. (fc)

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