7 millions d’Américains perdent leurs allocations de chômage: « L’une des plus grandes fins de l’aide gouvernementale dans l’histoire des USA »

Cette semaine, un package de quatre aides fédérales prend fin aux États-Unis. Laissant des millions d’Américains sur la touche. Un épisode considéré comme l’une des plus grandes et plus abruptes fins de l’aide gouvernementale dans l’histoire du pays, indique le Washingont Post.

Il y a un an, en mars 2020, le Congrès américain avait adopté une assurance chômage temporaire renforcée dans le cadre de la loi Cares, le plan de relance de 2.200 milliards de dollars, en vue d’aider les millions d’Américains touchés de plein fouet par la pandémie et les mesures de confinement.

Le Congrès avait prolongé cette mesure deux fois: en décembre 2020 et en mars 2021. Expirant ce 6 septembre, elle ne connaîtra pas de troisième prolongation. Au total, ce sont quatre types d’allocations de chômage qui prennent fin, explique Forbes:

  • Indemnité fédérale de chômage en cas de pandémie. Elle consistait en une aide de 300 $ par semaine, et était de 600 $ par semaine dans un premier temps.
  • Indemnité fédérale de chômage d’urgence en cas de pandémie. Elle offrait une aide financière aux personnes ayant déjà épuisé les indemnités de chômage de leur État, qui sont généralement de 26 semaines, bien qu’il y ait des différences en fonction des États.
  • Indemnité du chômage pour les travailleurs à revenus mixtes. Elle offrait 100 dollars par semaine aux personnes qui travaillaient à la fois comme entrepreneur indépendant et comme employé.
  • Aide au chômage en cas de pandémie. Elle a permis d’élargir les critères d’éligibilité pour inclure les travailleurs indépendants et les freelances.

D’après les calculs de la Century Foundation, environ 7,5 millions d’Américains sont concernés par la perte des 300 dollars hebdomadaires liés à l’allocation de chômage en cas de pandémie et à celle d’urgence en cas de pandémie. En prenant en compte la fin des quatre mesures de soutien, ce sont 9 millions de personnes qui vont perdre leurs aides, rapporte CNBC. 3 millions d’autres verront leurs aides réduites.

Objectif emploi

Depuis qu’elles avaient été introduites, ces aides revêtaient d’un statut temporaire: elles allaient inévitablement prendre fin un jour. En juin dernier, les États-Unis avaient enregistré un nombre record d’emplois vacants. En stoppant ces aides liées à la pandémie ce 6 septembre, l’objectif est de relancer les Américains qui en on profité vers la quête d’un nouveau travail.

Durant l’été, l’augure de cette fin début septembre a semblé avoir l’effet escompté. Il y a eu une baisse progressive du nombre de demandes des allocations de chômage, tous les programmes confondus. Au cours de la semaine qui s’est terminée le 14 août – dernière date pour laquelle des données sont disponibles – ce nombre s’élevait à 12,2 millions, contre plus de 18 millions au début de 2021, souligne Yahoo!Finance.

Mais cette chute des demandes n’a pas été que volontaire et préventive dans le chef des Américains concernés. En effet, cet été, environ la moitié des États américains avaient déjà mis fin à ces aides de façon préventive, souhaitant permettre aux employeurs de trouver plus rapidement les employés qu’ils cherchaient.

Pas encore les résultats attendus

Toutefois, tous les économistes ne sont pas convaincus que cette fin abrupte de toutes les aides liées à la pandémie soit réellement bénéfique pour l’économie américaine. Si le nombre d’offres d’emploi dépassait le nombre de personnes sans emploi à l’échelle nationale, ce n’était pas le cas dans tous les États. Des centaines de milliers d’Américains, voire des millions, vont rester sur la touche. Sans oublier le variant Delta, qui ne permet pas d’espérer une réelle fin de la pandémie et de ses conséquences sur le plan économique.

A priori, la fin des aides ne semble d’ailleurs pas tout de suite se traduire par une augmentation de la recherche d’emploi, ni par une hausse des embauches.

« Nos recherches antérieures n’ont pas réussi à trouver des effets importants de la fin des programmes dans les données sur les demandes de prestations de chômage et les indicateurs de données alternatives tels que les repas à OpenTable et les recherches Google pour les « emplois » comme mesure de l’effort de recherche d’emploi », ont écrit les économistes de JPMorgan Peter McCrory et Daniel Silver dans une note publiée le 25 août.

« La croissance de l’emploi en juillet ne semble pas avoir été affectée par les changements apportés aux programmes d’assurance chômage », ont-ils ajouté. « Il y a essentiellement une corrélation nulle entre la croissance de l’emploi au niveau de l’État en juillet et le temps écoulé entre la fin des prestations élargies de l’assurance-chômage et la semaine de référence de l’enquête. De même, nous ne constatons aucune différence dans la croissance des revenus ou la participation à la population active parmi les États qui ont mis fin aux prestations de manière anticipée. Nous continuerons à suivre de près les données au niveau des États, car il se peut qu’il faille un certain temps pour qu’un effet se matérialise dans les données globales. »

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