Voici les 4 défis qui attendent la Chine pour les 100 ans à venir

La Chine fête les 100 ans du Parti communiste tout en rêvant au siècle à venir pour le pays. Un siècle qui lui réserve toutefois quelques gros obstacles à surmonter pour maintenir sa prospérité.

La République populaire de Chine a vu les choses en grand pour marquer les 100 ans de la fondation du parti communiste chinois: son premier congrès s’est tenu le 23 juillet 1921 dans une bâtisse de la concession française à Shanghai. Pour le président chinois et secrétaire général du Parti communiste, XI Jinping, c’est l’occasion parfaite de mettre sur la table les objectifs et les ambitions de son pays, et de vanter par la même occasion sa vision personnelle du « rêve chinois » de prospérité et de poids international, un slogan qu’il a lui-même lancé en 2013. Et à la tribune, le président a été très explicite sur le sort qu’il réserve aux puissances rivales qui se mettraient entre la Chine et son destin: « Le peuple chinois n’acceptera jamais que des forces étrangères le harcèlent, l’oppriment, ou l’exploitent. Ceux qui s’y essaieront auront la tête fracassée contre la grande muraille d’acier forgée par 1,4 milliard de Chinois. »

Mais si Xi Jinping veut faire du centenaire du parti unique chinois une étape symbolique vers les cent ans à venir qui doivent conduire la Chine à l’hégémonie, le pays a encore de nombreux défis à surpasser. Certains communs avec les autres grandes puissances, et d’autres propres à son système de gouvernance.

The Yomiuri Shimbun via AP Images/Isopix

1. Une population vieillissante

Un problème auquel l’Europe et l’Amérique du Nord sont aussi confrontés, mais qui prend des proportions impressionnantes en Chine, où la natalité reste très basse malgré le relâchement de la politique de l’enfant unique. Même avec un contrôle des naissances moins strict, difficile d’inverser les tendances. Les prix élevés des logements et de l’éducation n’encouragent pas à faire plus d’enfants. 2020 était la quatrième année consécutive à voir la natalité baisser.

La solution : s’ouvrir plus à l’immigration, ou tabler sur une plus grande automatisation des tâches pour remplacer une partie de la main-d’œuvre.

2. Le « piège des classes moyennes »

La croissance économique chinoise repose encore largement sur l’industrie lourde et l’extraction de ressources. Des secteurs qui nécessitent une main-d’œuvre nombreuse et bon marché. Mais avec la hausse du niveau de vie et de l’éducation, ces métiers perdent leur attractivité pour beaucoup de Chinois, qui peuvent accéder à des postes plus qualifiés, plus gratifiants, et moins dangereux. Et si l’économie se met soudainement à stagner, elle risque de ne plus pouvoir maintenir le niveau de vie auquel aspire la population, ce qui peut mener à l’instabilité politique.

La solution : là aussi, la Chine devra tabler sur les nouvelles technologies, la robotique et l’automatisation afin d’orienter son économie vers des secteurs qui réclament une main d’œuvre moins importante, mais plus qualifiée.

3. Une économie d’État

On l’oublie parfois, mais la Chine reste officiellement un pays communiste : le système financier y est dominé par de grandes banques d’État. Et l’apport de capitaux étrangers reste fort limité. Les prêts vont donc en priorité vers des grandes entreprises qui appartiennent à l’État. Pourtant, ce sont les startups et les petites entreprises privées qui représentent la majorité de la croissance et de l’emploi en Chine.

La solution : les autorités vont donc devoir s’assurer que l’argent circule bien vers les secteurs les plus rentables de l’économie. Le Parti reconnait que la difficulté à trouver des investisseurs freine la croissance. Mais sans une plus grande ouverture aux capitaux étrangers, difficile de surmonter ce problème inhérent au système chinois.

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4. Les tensions internationales croissantes

La Chine défie régulièrement au bras de fer ses voisins asiatiques sur des questions économiques ou territoriales. Or, derrière Taïwan, le Japon, ou la Corée du Sud, il y a l’ombre protectrice des États-Unis, la puissance hégémonique. Que la Chine voudrait bien détrôner. De là à risquer une confrontation militaire ? Le risque serait énorme. À ces tensions avec Oncle Sam s’ajoutent celles avec l’Inde : l’Himalaya est régulièrement la scène d’escalades entre les armées indiennes et chinoises pour le tracé de la frontière. Et c’est sans compter la très instable Corée du Nord.

La solution : C’est très difficile d’estimer jusqu’où est capable d’aller chaque acteur régional. La Chine a modernisé son armée à un point impressionnant, tenant de rattraper son retard face aux USA, pour l’aviation, la marine, et la cyberguerre. Mais si l’Armée populaire de libération est redoutable sur le papier avec plus de deux millions de soldats actifs, on a aucune idée de leur valeur sur le terrain, pour se défendre comme pour passer à l’offensive. Car l’armée chinoise n’a plus mené de guerres extérieures depuis… la guerre sino-vietnamienne de 1979. Et les envahisseurs chinois avaient été sévèrement mouchés par les Vietnamiens, qui leur ont causé 26.000 tués et 37.000 blessés. Depuis, elle ne mène plus que des opérations de police intérieure, à Hong Kong par exemple, et quelques escarmouches parfois sanglantes aux frontières.

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