Vent de désaccord dans la majorité wallonne: le MR s’oppose au PS et à Ecolo sur la sortie du nucléaire

Le ministre président de la Région wallonne, Elio di Rupo (PS) et son ministre de l’Economie, Willy Borsus (MR). (Isopix)

On n’a pas fini de parler de la sortie du nucléaire en 2025. Willy Borsus (MR), ministre wallon de l’Économie, a jeté un pavé dans la mare. Le ministre-président wallon lui répond.

Dans le cadre d’un débat sur la sortie du nucléaire en 2025, Willy Borsus (MR) a exprimé son point de vue en Commission: ‘Il est rigoureusement impossible de fermer nos deux dernières centrales nucléaires en 2025 si on veut garantir nos ambitions en matière de transition énergétique, d’énergie accessible pour les citoyens et les entreprises, et de stabilité d’approvisionnement sans dépendre d’importation d’énergie.’ Une argumentation que l’on retrouve chez de nombreux libéraux.

En théorie, il est effectivement toujours possible de prolonger deux réacteurs des centrales nucléaires de Tihange et de Doel. Dans les faits, tant l’Accord du gouvernement fédéral que la Déclaration de politique générale wallonne ont placé la sortie du nucléaire dans leur agenda.

Engie-Electrabel a d’ailleurs annoncé arrêter les travaux préparatoires aux prolongations des deux réacteurs. Prolonger une centrale nucléaire, ça ne s’improvise pas. Le monde politique doit prendre sa décision finale en novembre prochain sur une éventuelle prolongation (si notre approvisionnement en énergie n’est pas assuré). Bien trop tard (!), selon les acteurs directement concernés. Tout se met donc en place pour faire appliquer la loi de 2003.

Centrales à gaz: l’éternel débat

Seulement voilà, les arguments ne manquent pas pour remettre en question l’arrêt définitif des centrales. Notamment l’épineuse question de la construction de centrales à gaz pour compenser la perte de production d’électricité des centrales nucléaires. Des centrales à gaz émettrices de CO2.

Interrogé sur la construction d’une centrale à gaz à Manage, Willy Borsus ne voit pas de bonne solution: ‘Accueillir de nouvelles centrales au gaz avec des obligations de compensations partielles (subsides) et, dans le même temps fermer les centrales nucléaires, qui garantissent la stabilité et l’emploi, ça me conduit à croire qu’il est rigoureusement impossible de fermer les deux dernières centrales nucléaires si on veut respecter nos ambitions.’

La majorité s’effrite ?

La réponse laconique du ministre-président Wallon, Elio Di Rupo (PS), n’aura pas tardé: ‘Le gouvernement wallon en tant que tel s’en tient à sa Déclaration de politique régionale (DPR) et rien qu’à elle.’

Circulez, il n’y a rien à voir! Du côté d’Ecolo, le ministre wallon de l’Energie, Philippe Henry, rappelle à qui le veut que la sortie du nucléaire a été décidée en 2003. Pas grand-chose n’a été fait depuis pour assurer une transition énergétique viable par les précédentes législatures. On est désormais au pied du mur. Ce qui, selon les écologistes, doit nous pousser à redoubler d’efforts plutôt que se chamailler sur une sortie inexorable.

Friture sur la ligne de la majorité ? Le ministre-président wallon sort son plus beau langage diplomatique: ‘Il faut comprendre ces déclarations comme une contribution au débat général.’