Principaux renseignements
- La Turquie souhaite porter sa capacité nucléaire à 20 GW d’ici 2050.
- Le ministre de l’Énergie Alparslan Bayraktar a évalué la technologie canadienne CANDU en Roumanie afin de diversifier ses choix futurs en matière de réacteurs.
- La production locale de composants nucléaires reste une priorité absolue.
Alors que la Turquie élabore sa stratégie pour le développement de sa troisième centrale nucléaire, le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Alparslan Bayraktar, s’est rendu en Roumanie ce mercredi, rapporte Daily Sabah. L’objectif de ce déplacement était d’examiner la centrale nucléaire de Cernavoda, qui utilise la technologie des réacteurs CANDU conçue par la société canadienne AtkinsRealis.
Développement des infrastructures nucléaires
Le gouvernement turc s’efforce de développer son infrastructure nucléaire au-delà de la centrale d’Akkuyu, située à Mersin. Actuellement en construction par la société russe Rosatom, la centrale d’Akkuyu se compose de quatre réacteurs d’une capacité totale de 4 800 MW et devrait commencer à produire de l’électricité dans le courant de l’année. Une fois pleinement opérationnelle, Akkuyu devrait couvrir entre 10 pour cent et 15 pour cent des besoins totaux en électricité du pays.
Futurs sites
Au-delà d’Akkuyu, Ankara a l’intention de construire deux autres grandes centrales nucléaires, dont les sites proposés se situent en Thrace et à Sinop, au bord de la mer Noire. Alors que le gouvernement poursuit ses négociations avec la Corée du Sud concernant l’un de ces projets, les discussions avec le Canada ont récemment pris de l’ampleur pour un troisième projet. Le ministre Bayraktar a souligné que le pays se trouve actuellement dans une phase cruciale consistant à déterminer les meilleures options technologiques et les partenaires internationaux les plus adaptés pour ces futurs projets.
Production locale
Les objectifs énergétiques de la Turquie consistent notamment à atteindre une capacité nucléaire de 7,2 GW d’ici 2035 et de 20 GW d’ici 2050, complétée par l’intégration de petits réacteurs modulaires (SMR).
L’un des principaux axes des négociations actuelles porte sur la capacité à localiser la production. Ankara souhaite qu’une part importante des composants et du matériel soit produite en Turquie, ce qui aiderait le pays à s’intégrer dans la chaîne d’approvisionnement nucléaire internationale. Pour faire avancer cet objectif, des représentants d’AtkinsRealis doivent rencontrer des fabricants turcs fin juin ou début juillet.
Objectifs de zéro émission nette
Le recours à l’énergie nucléaire est au cœur des objectifs plus larges de la Turquie visant à atteindre la neutralité carbone d’ici 2053 et à renforcer la sécurité énergétique nationale. Bayraktar a souligné que le gouvernement recherchait une source d’énergie abordable et sûre, en adoptant une stratégie globale qui donne la priorité à la sécurité de l’approvisionnement en combustible et à la gestion responsable des déchets nucléaires.
(at)
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