Un train électrique à mouvement perpétuel, bientôt une réalité ?

Tous les physiciens vous le diront : le mouvement perpétuel est une impossibilité totale. Quoiqu’on mette en mouvement et avec n’importe quelle force, les frictions finiront bien par le remettre à l’arrêt au bout d’un certain temps. Mais en Australie, on envisage très sérieusement de tricher avec ce principe pour mettre en mouvement un train de marchandises. Et ce, sans pour autant mettre en péril les lois qui régissent l’univers.

Un train interminable qui ne s’arrête jamais, envoyé à toute vitesse sur la même boucle de voies, parcourant toujours le même trajet d’année en année. Voilà qui rappelle le scénario de la série Netflix Snowpiercer – elle-même adaptée d’un film sud-coréen de 2013 qui s’inspirait d’une bande dessinée française, Le Transperceneige. Mais pourtant ce projet bien réel ne se passe pas dans un hiver mondial apocalyptique, mais dans la chaleur de l’Outback australien, donc plutôt la patrie d’origine de Mad Max.

Le plus grand exploitant du fer au monde

Le projet « Infinity Train » nous vient de Fortescue Metals, l’une des plus grandes entreprises d’extraction de fer au monde. Celle-ci compte mettre en circulation un train expérimental ne générant aucune émission. Mis au point par Williams Advanced Engineering et coutant la bagatelle de 221 millions de dollars américains, cet engin utilisera l’altitude des mines de fer de Fortescue – jusqu’à 600 m au-dessus du niveau de la mer – et le poids de son chargement (34.000 tonnes) pour fournir une « énergie régénérative » à ses locomotives électriques à batterie, résume Renew Economy.

Un principe de stockage et réutilisation de l’énergie qui n’est en un sens pas très différent des systèmes de pompe à eau, où celle-ci est pompée vers un réservoir plus élevé et peut redescendre pour faire tourner le générateur en cas de besoin, ou encore de la tour à gravité testée en Suisse ces dernières années, et qui restituent de l’énergie après l’avoir stockée durant les périodes de pic de production.

82 millions de litres de diesel économisés

L’idée, dans le cas de ce train du futur, est de générer suffisamment d’énergie en aval pour transporter les énormes trains de minerai de fer jusqu’au port, et de charger suffisamment les batteries pour qu’elles puissent ramener les trains vides en amont vers les mines. Cela permettrait d’économiser 82 millions de litres de diesel par an, consommés actuellement par la flotte de 16 trains qu’utilise Fortescue, chacun d’entre eux mesurant environ 2,8 km de long et transportant jusqu’à 34.000 tonnes de minerai de fer.

Cette technologie est encore loin d’être éprouvée, mais si elle fonctionne, elle peut s’avérer décisive pour réduire le bilan carbone du transport de frets à travers les larges masses continentales telles que l’Australie, les Amériques, ou encore l’Asie. À condition toutefois que le dénivelé soit favorable. La réponse en tout cas devrait nous arriver bien vite, car Fortescue compte bien essayer son nouveau train dès 2024.

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