Un peu moins d’un soignant sur dix en hôpital a été infecté par le Covid-19

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Fin mai, Sciensano et l’Institut de médecine tropicale d’Anvers dévoilaient que 8,4% des soignants belges en milieu hospitalier avaient développé des anticorps contre le SARS-CoV-2. Ce chiffre, qui semble se confirmer dans le temps, serait également une estimation correcte de la proportion du personnel de soin qui a été infectée par le Covid-19 depuis le début de l’épidémie.

Selon un rapport du SPF Santé Publique publié au début de l’année, il y a 67.427 soignants dans les hôpitaux belges. Ces chiffres ne couvrent cependant pas les médecins y travaillent sous statut indépendant. Ils ne prennent également pas en compte les hôpitaux psychiatriques ni sur les hôpitaux spécialisés.

Une interprétation prudente des chiffres de l’étude de Sciensano et de l’Institut de médecine tropicale d’Anvers nous amène donc à estimer le nombre des soignants infectés par le Covid-19 à au moins 5.600.

Les derniers chiffres communiqués par Sciensano font état d’un total de 59.569 cas officiellement détectés depuis le début de l’épidémie.

IGG

Ces soignants en hôpital ont développé des anticorps appelés ‘IGG’ contre le virus SARS-CoV-2. Des anticorps qui, contrairement aux ‘IGM’, apparaissent plus tardivement mais sont censés rester longtemps dans le sang.

Lancée fin avril, l’étude conjointe de Sciensano et l’Institut de médecine tropicale d’Anvers prévoit de poursuivre les échantillonnages à intervalles réguliers jusqu’au mois de septembre. ‘Le premier mois, on a eu trois points de contrôle dont on a eu les résultats la semaine passée ; maintenant, on aura un point de contrôle à la fin de chaque mois. On a donc eu trois tests à deux semaines d’intervalle et ensuite, un par mois’, explique Laure Mortgat, épidémiologiste à Sciensano, sur le site de La Libre ce jeudi.

Des anticorps efficaces?

En s’inscrivant dans la durée, peut-être au-delà de septembre, l’étude devrait également permettre de déterminer combien de temps les anticorps persistent dans le sang des personnes qui les ont développés. Et en cas de seconde vague, elle devrait permettre de juger de l’efficacité de ceux-ci face à un retour du virus.

‘Si effectivement il y a une deuxième vague et que des gens qui ont des anticorps font une PCR positive (un test de dépistage, ndlr), on va pouvoir évaluer si la présence d’anticorps est protectrice ou non contre une éventuelle infection future’, confirme Laure Mortgat.

Faux positifs

Un point reste toutefois encore à éclaircir: des soignants ont-ils pu être infectés sans développer d’anticorps? L’étude ne permet pas (encore?) de répondre de façon catégorique à cette question, mais elle donne cependant des indications.

‘Il y a dans nos données certains cas qui étaient positifs au début et qui ne le sont plus maintenant ; mais on ne peut pas en faire l’interprétation que ce sont les anticorps qui disparaissent – il est plus probable qu’il se soit agi de faux positifs’, conclut l’épidémiologiste de Sciensano.