Un pays qui a interdit la consommation d’alcool va ouvrir plus de 150 centres de désintoxication

Le ministère de la Santé iranien vient d’annoncer l’ouverture de plus de 150 centres de désintoxication pour les patients alcooliques, rapporte le Financial Times. Cette nouvelle ne serait sans doute pas si extraordinaire si le régime islamique avait totalement prohibé la consommation d’alcool depuis la révolution iranienne de 1979.

Depuis cette époque, la vente et la consommation d’alcool sont strictement réglementées. Les musulmans iraniens n’ont donc pas le droit de boire de l’alcool, mais beaucoup consomment chez eux des boissons alcoolisées, telles que de la vodka ou du whisky provenant de trafics. Ils peuvent aussi se procurer des spiritueux élaborés par des Arméniens iraniens, souvent Chrétiens. Il devient ainsi de plus en plus évident que des Iraniens produisent eux-mêmes des boissons alcoolisées, souvent à fort titrage.

L’année dernière, l’Organisation mondiale de la Santé avait indiqué que les buveurs d’alcool iraniens ingéraient annuellement 24,8 litres d’alcool pur, une quantité supérieure à celle consommée par le buveur moyen russe, allemand ou britannique.

Même si les consommateurs d’alcool sont moins nombreux en Iran, ils ont tendance à boire des spiritueux avec un plus fort degré d’alcool. Selon un officiel du Ministère de la Santé, 420 millions de litres de boissons alcoolisées seraient consommés chaque année en Iran. Toutefois, ce chiffre a été réfuté quasiment immédiatement.

L’Iran était déjà confronté au problème de la drogue, en raison de sa proximité avec l’Afghanistan, un grand pays producteur d’opium. Mais l’alcoolisme du pays pose un autre problème: dans beaucoup de cas, les consommateurs ignorent les risques de dépendance liés à la prise de boissons alcoolisées, ne la découvrant souvent que lorsqu’ils en sont eux-mêmes victimes.