Un cas de gigantisme ? Il existe 40.000 sociétés cotées en bourse dans le monde, les 100 premières représentent 30% de la valeur totale

En début de semaine, la société technologique américaine Apple a dépassé les 3.000 milliards de dollars de valeur boursière. En comparaison, elle vaut plus que Walmart, Disney, Netflix, Nike, Exxon Mobil, Coca-Cola, McDonald’s, AT&T, Goldman Sachs, Boeing, IBM et Ford… réunis. Si nous empilions 3.000 milliards de billets d’un dollar les uns sur les autres, nous parcourrions une distance de 325.000 km. C’est 60.000 km de moins que la distance entre la terre et la lune.

Apple est-il un cas isolé ? Pas du tout. Les six personnes les plus riches du monde ont vu leur fortune gonfler d’un montant astronomique de 266 milliards de dollars l’année dernière, grâce à l’explosion des inégalités causée par la hausse des valorisations financières.

Dans ce contexte, le site d’informations économiques français BFM Business présente des chiffres intéressants.

30% de la valeur totale des 40.000 sociétés cotées dans le monde est concentrée dans le top 100

  • La valorisation totale des 40.000 sociétés cotées dans le monde a atteint plus de 120.000 milliards de dollars au début de 2022.
  • Dans le classement des 100 plus grandes sociétés cotées en valeur dans le monde, on trouve 64 sociétés américaines et 10 sociétés chinoises. Les États-Unis comptent 8 entreprises dans le top 10 et 14 dans le top 20.
  • 30% de cette valeur est concentrée dans 100 groupes (Apple, Microsoft, LVMH, etc.).
  • Les 100 premières entreprises gagnent plus de valeur que le reste des sociétés cotées.
  • 7 entreprises technologiques américaines (Apple, Microsoft, Alphabet, Amazon, Tesla, Facebook et Nvidia) valent 11.888 milliards de dollars. C’est 3.475 milliards de dollars de plus qu’à la fin de décembre 2020. Elles représentent plus de la moitié (54%) de l’augmentation de la valorisation des 100 plus grandes capitalisations mondiales.

Par conséquent, les valorisations boursières sont très différentes. Par exemple, Apple vaut 30 fois ses bénéfices, contre 22 fois pour une société cotée au S&P 500. Cet indice prend en compte les 500 plus grandes entreprises américaines. Une PME française changerait de mains pour à peine cinq fois son bénéfice (sa valorisation étant cinq fois supérieure à ses bénéfices, en moyenne).

Gigantisme

Ces chiffres confirment une fois de plus ce que l’économiste flamand Geert Noels décrit dans son livre Gigantisme (2019). Les entreprises qui se transforment en méga-entreprises en un laps de temps relativement court et qui dominent des activités, des secteurs et l’économie mondiale.

Ces entreprises ne profitent pas seulement de l’accès qu’elles ont à de l’argent bon marché. Elles ont également un accès préférentiel aux décideurs et aux politiciens. Grâce à un lobbying intense, elles font ensuite approuver des règles qui sont souvent rédigées par ces entreprises elles-mêmes. Selon Steen Jakobsen, de la banque danoise Saxo, les hommes politiques consacrent traditionnellement 1% de leur temps aux PME et 99% aux sociétés cotées en bourse. En outre, 95% des crédits accordés par les banques vont à des entreprises cotées en bourse. Les PME peuvent se partager les 5 % restants.

Nous avons donc une élite mondialisée qui est devenue de plus en plus riche malgré, ou à cause, de la pandémie, alors que localement les PME de nombreux pays luttent pour survivre.

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