Quelles sont les conséquences des nouvelles sanctions américaines contre l’Iran pour les entreprises européennes ?


Principaux renseignements

  • Les États-Unis utilisent le dollar américain comme moyen d’isoler l’Iran du commerce mondial.
  • Les sanctions élargies visent divers secteurs, notamment les actifs numériques et le transport maritime.
  • Les entreprises européennes privilégient l’accès au système financier américain plutôt que les conflits juridiques avec l’Union européenne.

Les États-Unis ont considérablement élargi leurs sanctions secondaires contre l’Iran, dans le but d’isoler ce pays du paysage financier international.

Système du dollar américain

En menaçant de priver toute entité mondiale commerçant avec Téhéran de l’accès au système du dollar américain, Washington contraint les entreprises internationales à privilégier l’accès aux marchés financiers américains plutôt que les marchés iraniens.

Scott Bessent, responsable au Trésor américain, a qualifié cette stratégie d’« offensive économique » sous le nom « d’Opération Economic Outcast », annonçant la sanction imminente d’une institution financière de premier plan.

Élargissement du champ d’application des restrictions

La portée de ces mesures s’est étendue au-delà du pétrole pour inclure les actifs numériques, l’or, la technologie, l’aviation et le transport maritime. Le département du Trésor a déjà inscrit sur liste noire environ 60 navires, personnes physiques et entreprises, dont plusieurs ressortissants chinois, tout en révoquant les licences antérieures qui autorisaient des échanges soumis à des restrictions.

Bessent a souligné que ces règles s’appliquent de manière universelle, indépendamment de la taille ou de l’influence d’un pays, et que ceux qui facilitent le blanchiment d’argent pour le compte de l’Iran se verront interdire toute transaction en dollars. Alors que le président Donald Trump fait activement pression sur les dirigeants étrangers pour qu’ils cessent tout commerce avec l’Iran, les États-Unis observent actuellement une « période de répit » avant d’imposer des sanctions à des nations entières.

Impact direct minime sur les échanges commerciaux de l’UE

Pour l’Union européenne, l’impact immédiat sur le volume des échanges est minime, rapporte Euronews. Les échanges commerciaux actuels avec l’Iran ne représentent qu’une infime fraction des exportations mondiales de l’UE, totalisant seulement 3,72 milliards d’euros en 2025 – une forte baisse par rapport aux 27 milliards d’euros enregistrés en 2011.

Les échanges se concentrent principalement en Allemagne, en Italie et aux Pays-Bas, et portent essentiellement sur les importations de denrées alimentaires et l’exportation d’équipements médicaux et industriels, qui font souvent l’objet d’exemptions pour des raisons humanitaires. En conséquence, les indices boursiers européens sont restés stables ou ont affiché une légère hausse à la suite de cette annonce.

Risques systémiques 

La principale préoccupation des entreprises européennes réside dans les risques systémiques liés à l’application des sanctions américaines plutôt que dans les échanges commerciaux directs. Le danger provient de l’« infrastructure » de la finance mondiale.

Les banques, les assureurs et les entreprises de logistique risquent de se voir infliger des sanctions simplement pour avoir traité des transactions pour le compte d’un tiers lié à l’Iran. Cette crainte trouve ses racines dans l’histoire, comme en témoigne l’affaire de 2014 où BNP Paribas a été contrainte de payer près de 9 milliards de dollars (7,7 milliards d’euros) et a perdu ses privilèges de compensation en dollars pendant un an en raison de transactions illégales.

Bataille juridique

De plus, les entreprises européennes sont confrontées à une contradiction juridique complexe. Alors que la loi de blocage de l’UE interdit aux entreprises de se conformer aux sanctions américaines sans autorisation officielle, et que la Cour de justice de l’Union européenne exige des justifications valables pour mettre fin aux contrats avec l’Iran, la réalité sur le terrain est tout autre.

Depuis 2018, la plupart des entreprises européennes ont donné la priorité à leurs relations avec le système financier américain plutôt qu’au commerce avec l’Iran, une tendance qui devrait se poursuivre sous l’effet de ces nouvelles pressions.

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