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Travailler 60 heures par semaine, ouvertures prolongées, vacances d’été écourtées: le covid-19 va-t-il ouvrir la boîte de Pandore ?

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Crise du coronavirus

25/03/2020 | Baptiste Lambert | 6 min de lecture

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On voit fleurir les idées pour faire face à la crise économique qui pointe le bout de son nez. Certains s’en indignent, d’autres nuancent. Retour sur un sujet qui fait débat.

En France, une initiative gouvernementale suscite les inquiétudes. Travailler 60 heures par semaine pour ‘gagner la guerre économique’. Le sujet sera abordé très sérieusement en Conseil des ministres ce mercredi.

L’état d’urgence, lancé officiellement hier dans l’Hexagone, fait sauter quelques verrous. C’est vrai en matière judiciaire pour des attentats par exemple, mais c’est aussi valable dans le Code du travail. Il faut dire que le confinement de ces derniers jours, c’est du jamais vu pour les employeurs.

Mais dans le même temps, cela suscite l’inquiétude des syndicats. Le gouvernement a décidé de permettre aux employeurs de demander jusqu’à 60 heures par semaine à leurs employés. Pour mettre en place cette disposition, il faut toutefois fixer des conditions par décret, explique Le Parisien.

Le gouvernement rassure: cela ne sera le cas que durant la période de confinement, et dans des situations très rares. Mais le travailleur peut être amené à prester 60 heures plutôt que 48 heures actuellement.

Les syndicats n’ont pas leur mot à dire dans cette procédure, mais elle sera limitée à certains secteurs qualifiés ‘d’essentiels’: l’énergie, les télécoms, les transports, l’agroalimentaire, principalement. Et il y aura bien sûr des compensations au niveau des heures supplémentaires à partir de la 36e heure (majorées de 25%). Mais le verrou du repos dominical pourrait sauter. Comprendre: ces entreprises seront actives 7 jours sur 7.

Ce qui doit encore être tranché, c’est si cela se fait sur base du volontariat ou dans un régime de contrainte.

Ouverture des magasins prolongée

En Belgique, deux initiatives font particulièrement débat. À commencer par une décision qui a déjà été prise par le gouvernement de Sofie Wilmès (MR). Les magasins alimentaires pourront ouvrir de 7 heures à 22 heures.

Cela a fait sortir de leurs gonds Raoul Hedebauw (PTB) et Robert Vertenueil, président de la FGTB, tous deux présents dans les matinales radios. Le porte-parole du parti communiste y voit ‘un manque de respect flagrant’. Il ajoute: ‘Notre crainte est que le gouvernement actuel utilise ces pouvoirs exceptionnels pour prendre des mesures antisociales.’

La Première ministre a réagi sur les réseaux sociaux, précisant que l’arrêté ministériel était rédigé pour ‘l’entièreté des situations existantes. Pas pour élargir les heures d’ouverture sans concertation’. Elle promet des précisions ce vendredi pour clarifier la situation: les magasins auront-ils le choix, qui est concerné par cette mesure précisément? Soit les mêmes questions qu’en France actuellement.

‘Faisons ensemble un effort’

Autre idée, qui vient cette fois du secteur économique, celle de l’influent Geert Noels, économiste bien connu au nord du pays: il aimerait voir les vacances d’été écourtées, pour permettre la relance de l’économie si la crise sanitaire le permet: ‘La période de juillet-août est traditionnellement un creux dans l’économie. Si on veut rattraper partiellement en 2020 la production et veiller à ce que le creux ne soit pas trop sévère, on peut le faire à ce moment-là. Et cela donne aussi du courage. Si on a l’impression qu’on n’y peut rien, je crois qu’on devient fataliste, et on ne doit pas être fataliste.’

Comme souvent, réactions contrastées entre le nord du pays, plutôt ouvert à cette idée, et le sud du pays, majoritairement contre. L’économiste veut que tout le monde s’y mette: Faisons ensemble un effort: que 2020 soit une année exceptionnelle, et que, en 2021, on puisse avoir de nouveau une économie normale, et qu’on ne perde pas trop. C’est mon espoir pour la Belgique.’

En attendant, le télétravail s’est fortement développé sur notre territoire. Ce qui suscite là aussi des inquiétudes, mais également des opportunités. L’après-crise sera importante: en cette matière pas mal de verrous pourraient sauter, positivement ou négativement, notait Acerta ce mardi matin.

Rappelons toutefois que ces mesures seront toutes exceptionnelles, avec une durée limitée. Mais qu’il est bien normal de les étudier de près et de s’en inquiéter le cas échéant.

Source: BusinessAM


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