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Un lauréat du Prix Nobel d’Economie propose un “euro flexible” pour sauver la zone euro

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09/08/2016 | Audrey Duperron | 5 min de lecture

Un euro flexible

Dans Vanity Fair, l’Américain Joseph E. Stiglitz, lauréat du Prix Nobel d’économie présente ce qu’il expose dans son dernier ouvrage, qui paraîtra ce mois-ci : “The Euro: How a Common Currency Threatens the Future of Europe”.

Stiglitz y affirme que la zone euro était vouée à l’échec dès sa création. Actuellement, plusieurs pays de la zone ne parviennent pas à se sortir de la crise financière. Plusieurs pays européens n’ont pas restauré le PIB qu’ils avaient avant la crise financière, et même si le taux de chômage espagnol a chuté de 26% à 20% par exemple, un jeune actif espagnol sur deux est encore sans emploi, et le taux de chômage serait encore plus important si beaucoup de gens n’avaient pas quitté le pays pour chercher du travail ailleurs.Stiglitz propose l’adoption d’un euro flexible :

“Cela implique de reconnaître que quelques progrès ont été réalisés dans la création d’institutions européennes depuis la crise de l’euro, mais pas assez pour que le système de la monnaie unique fonctionne. L’euro flexible serait bâti sur ces succès et il créerait un système dans lequel les différents pays (ou groupes de pays) pourraient chacun avoir leur propre euro. La valeur de ces différents euros pourrait fluctuer, mais dans les limites fixées par les politiques déterminées par la zone euro elle-même. Au fil du temps, peut-être, et avec l’évolution d’une solidarité suffisante, ces limites pourraient être réduites, et finalement, on pourrait aboutir à l’objectif d’une monnaie unique telle que prévue par le traité de Maastricht de 1992. Mais cette fois-ci, avec les institutions requises en place, la monnaie unique pourrait  atteindre ses objectifs de promotion de la prospérité, de solidarité européenne et d’intégration politique.”

Les critiques sont prompts à noter qu’un tel mécanisme n’est pas sans rappeler le mécanisme de change coordonné qui existait avant l’introduction de l’euro, à savoir le “serpent monétaire européen” (1972 – 1978). Il s’agissait d’un outil économique qui limitait les fluctuations des parités de chaque monnaie à 2,25 % avec un seuil d’intervention à la vente ou à l’achat dès que le cours d’une monnaie s’appréciait ou se dépréciait au delà de cette limite.Le Système monétaire européen (SME)Ce système monétaire ne doit pas être confondu avec son successeur, le Système monétaire européen (SME). Le SME était une initiative franco-allemande, dans laquelle les participants ont convenu de rendre leurs monnaies fluctuantes dans une bande de 2,25 % (qui a été étendue à 15 % par la suite) par rapport au cours d’une monnaie virtuelle, l’ECU. Ce dernier résultait d’un panier de monnaies des pays membres pondéré par leur importance respective dans l’activité européenne. Chaque jour, le cours de l’ECU était calculé en fonction des cours de change des monnaies des pays membres. Grâce à des interventions de soutien (achat et vente de devises) et à l’instrument du taux d’intérêt, les banques centrales européennes ont été en mesure d’assurer la stabilité de leur monnaie. Le SME a été en vigueur entre 1979 et 1993, mais son intérêt s’est beaucoup réduit après la réunification allemande. La seule différence, dans ce que Stiglitz propose, c’est qu’il y aurait toujours une aspiration à créer une monnaie unique. Mais dans tous les autres aspects, cela signifierait un bond en arrière dans le temps, et la désintégration de la zone euro. Peut-être s’agit-il de la meilleure solution économique pour la zone euro, mais elle ne semble pas politiquement réalisable aujourd’hui.


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