Sous la pression d’une économie en lambeaux, l’Inde entame son déconfinement

Alors que le pays affiche un nombre d’infections en forte hausse, l’Inde a malgré tout entamé son déconfinement ce lundi. Après plus de deux mois d’un lockdown particulièrement strict, surtout à ses débuts, qui a laissé l’économie exsangue, les autorités disent ne plus avoir le choix.

Le bilan officiel indien fait état de quelque 7.200 morts et de 256.611 cas de contamination, pour une population de 1,3 milliard de personnes. Que ce soit grâce au confinement strict imposé depuis le 25 mars, à une population jeune, un climat favorable ou des chiffres sous-évalués, l’Inde semblait jusqu’ici relativement épargnée par la pandémie de coronavirus. Mais ces derniers jours, les nouvelles infections ont augmenté de façon alarmante à environ 10.000 nouveaux cas quotidiens.

Une chute de 45% du PIB

Mais ces derniers développements n’ont pas empêché les autorités indiennes d’amorcer le déconfinement du pays ce lundi, avec la réouverture des centres commerciaux, des restaurants et des lieux de culte. Vu l’état de l’économie du pays, elles ont peu d’autres choix: le PIB devrait afficher une baisse de 45% ce trimestre tandis que 140 millions de travailleurs se sont retrouvés au chômage en seul mois. ‘Nous devons apprendre à vivre avec le virus’, a estimé Arvind Kejriwal, ministre en chef de la capitale indienne, Delhi.

Mais dans un pays qui compte moins de 2 million de lits d’hôpitaux, dont seulement 95.000 en réanimation, et 48.000 respirateurs, le risque est grand de voir le système de santé être submergé au cours des prochaines semaines… Ce qui est d’ailleurs déjà le cas à Mumbai, la ville la plus touchée par le virus.

Grandes migrations

‘Si la pandémie s’intensifie, la demande de soins intensifs submergera le système de santé’, confirme le Dr Soumitra Ghosh, du Centre de santé à l’Institut Tata de sciences sociales de Mumbai, dont les propos sont relayés par le journal Le Soir. ‘Le temps donné par le confinement n’a pas été utilisé assez efficacement pour préparer le système de santé à gérer la pandémie’, déplore-t-il.

Et la situation générale devrait encore être aggravée par les grandes migrations de population qui s’annoncent. Quelque 80 millions de travailleurs journaliers, désormais sans ressource, pourraient en effet prochainement quitter les villes pour retourner de leurs villages natals, propageant ainsi davantage le virus dans les campagnes…

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