L’Inde ne traitera aucune faillite l’année prochaine

La ministre des Finances Nirmala Sitharaman lors de son discours télévisé. (Sonu Mehta/Hindustan Times/REX)

Le gouvernement indien a dévoilé hier son programme de soutien économique: le pays d’Asie va privatiser en masse et ne traitera plus les demandes de mise en faillite dans l’année à venir.

L’Inde ne permettra pas à de nombreuses entreprises de faire faillite au cours de l’année prochaine. Il s’agit d’une tentative pour empêcher les entreprises de faire faillite en masse à cause de la pandémie de Covid-19. Le lockdown strict, qui a également été prolongé de deux semaines hier, a gravement endommagé l’économie du pays émergent. Les exportations de marchandises ont chuté de 60 % en avril.

La ministre des Finances Nirmala Sitharaman a annoncé le plan de relance de l’activité économique dans un discours télévisé dimanche. Le seuil minimal pour faire faillite a été considérablement relevé. Une entreprise est maintenant déclarée en faillite quand elle ne peut honorer des contrats d’au moins 10 millions de roupies (130.000 euros). Auparavant, ce n’était que 100.000 roupies.

Les marchés financiers sous pression

Cette décision mettra les marchés financiers sous forte pression. Les fournisseurs de crédit seront obligés de procéder à des rééchelonnements de dettes à long terme, en dehors du cadre régulier des faillites. Cela peut également retarder l’offre de nouveaux crédits, ce qui est crucial pour renverser la vapeur d’une récession imminente.

‘Les mesures vont aider les petits indépendants qui faisaient faillite’, a déclaré Sitharaman dans la presse indienne.

Les observateurs s’attendaient à ce que les entreprises indiennes passent par-dessus bord si aucune mesure n’était prise. Car l’épidémie de virus a frappé de plein fouet les entreprises de la troisième économie d’Asie. Depuis le 25 mars, l’Inde vit sous de sévères mesures de confinement. La banque d’affaires Goldman Sachs s’attend à ce que l’économie indienne se contracte de 45 % au cours du deuxième trimestre, du jamais vu.

La ministre indienne des Finances a par ailleurs annoncé un programme d’emploi de 400 milliards de roupies (5 milliards d’euros) pour la population rurale. Là où vit désormais une population appauvrie qui devait normalement aller travailler dans les villes. Le gouvernement a également lancé une campagne pour encourager les investissements privés dans les entreprises publiques.

Lire aussi: