Six présidents à la tête de l’UE ? ‘Pas tant que Verhofstadt est candidat’

Guy Verhofstadt pousserait pour une présidence à six, afin d’obtenir un de ces nouveaux postes – Olivier Matthys/AP/ISOPIX

Le projet de doter le Conseil européen, le Parlement européen et la Commission européenne de six présidents au lieu de trois se heurte à l’opposition du Parlement. Les présidents de ses trois plus grands partis ont déclaré dans une lettre au Premier ministre portugais Antonio Costa qu’une présidence à trois, renforcée par un bureau exécutif de trois personnes, est irréalisable. Le Portugal assure actuellement la présidence tournante de l’UE.

Ces projets ont été présentés à la Conférence sur l’avenir de l’Europe. Ils font référence à une proposition de la Commission européenne et du Parlement européen, annoncée fin 2019. L’objectif est de réfléchir à l’avenir de l’UE à moyen et long terme. La conférence devrait permettre de clarifier les réformes à apporter aux politiques de l’UE et à ses institutions. Un rapport final est attendu au milieu de l’année prochaine. Mais il existe un désaccord sur la manière d’organiser la présidence de cette importante réunion.

Dans leur lettre, Manfred Weber (Parti populaire européen), Iratxe García (Socialistes & Démocrates) et Dacian Cioloș (Renew Europe) écrivent ‘que les citoyens de l’UE se débattent déjà avec la structure institutionnelle de l’Union compliquée’. ‘La conférence sur l’avenir de l’Europe doit montrer que nous voulons que les choses soient différentes’, écrivent les trois hommes.

Le site Politico a interrogé un diplomate européen anonyme. ‘Ne tournons pas autour du pot’, a-t-il déclaré. Pour lui, le retard pris par la conférence est lié aux ambitions personnelles de Guy Verhofstadt. Le Belge aimerait devenir président de la conférence sur l’avenir de l’Union européenne. ‘Mais cela n’arrivera pas’, estime le diplomate. Tout simplement parce que le Conseil européen (réunion des chefs d’Etat et de gouvernement présidé par Charles Michel) ne donnera jamais sa bénédiction à cela. Tant que Verhofstadt aspire à la présidence, il y a peu de chances que le Conseil accepte à autre chose qu’une présidence à trois.