Shell met en service en Chine une des plus grandes installations à hydrogène vert au monde

Ce vendredi, Shell a mis en service un électrolyseur à hydrogène de 20 mégawatts. La multinationale compte beaucoup sur cette installation, qui utilisera l’énergie éolienne.

Il s’agit du plus grand électrolyseur à hydrogène de Shell et d’un « des plus grands au monde », a déclaré Wael Sawan, directeur des solutions intégrées pour le gaz, les énergies renouvelables et l’énergie du géant anglo-néerlandais.

L’installation sera située à Zhangjiakou, dans la province chinoise de Hebei. Elle sera alimentée par de l’éolien terrestre, raison pour laquelle on parle d’hydrogène « vert » – c’est-à-dire issu du renouvelable. Le processus utilisé pour le produire, l’électrolyse, consiste en un courant électrique séparant l’eau en oxygène et en hydrogène.

Pour les véhicules des Jeux d’hiver

L’hydrogène s’avère prometteur pour bon nombre d’industries. Ici, la production de l’installation chinoise sera utilisée pour fournir environ la moitié de l’approvisionnement total en hydrogène vert des véhicules à pile à combustible qui circuleront dans la zone de compétition de Zhangjiakoupour lors des Jeux olympiques d’hiver, qui débuteront la semaine prochaine.

« Ce projet permettra de sécuriser l’approvisionnement en hydrogène pour les Jeux olympiques d’hiver de Pékin 2022 et d’en faire un événement vert, tout en contribuant au développement de l’industrie de l’hydrogène dans la ville et la région de Pékin-Tianjin-Hebei », s’est félicité Bai Jing, un responsable gouvernemental de la ville de Zhangjiakou, dans un communiqué.

Par la suite, ce sont les transports commerciaux et publics de Hebei qui en bénéficieront. Shell, qui s’est alliée au Zhangjiakou City Transport Construction Investment Holding Group Co, prévoit d’étendre le projet à 60 MW au cours des deux prochaines années.

Bémols

L’hydrogène vert reste pour l’instant assez cher, raison pour laquelle certains hésitent à en faire le pari. Le PDG de Siemens Energy a par exemple déclaré à CNBC en octobre dernier qu’il n’y avait « aucun argument commercial » en sa faveur pour le moment.

Pourtant, seul l’hydrogène vert semble réellement destiné à avoir un rôle dans la transition énergétique. A l’heure actuelle, le plus produit est le gris. Issu de combustibles fossiles, sa production génère d’importantes émissions de CO2. Il n’est donc pas une piste à privilégier.

On peut aussi partir de ressources fossiles et y ajouter une station de captage et de stockage de CO2 (CSC), afin de limiter l’impact de ces émissions dans l’atmosphère. On parle alors d’hydrogène bleu. Certains y voient une solution d’avenir – notamment, bien sûr les géants traditionnels du fossile, mais aussi des superpuissances telles que les États-Unis – tandis que d’autres estiment qu’il s’agit d’une fausse bonne idée, la jugeant bien trop polluante.

Une polémique a d’ailleurs récemment éclaté autour de Shell et de l’hydrogène bleu. L’ONG Global Witness a dénoncé dans une étude le fait qu’un projet canadien – l’un des rares au monde déjà en activité – émettait plus de CO2 qu’il n’en captait. Shell a nié en bloc, précisant qu’il s’agissait avant tout d’un projet de démonstration qui allait mener vers des installations bien plus puissantes et moins polluantes.

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