Sanders se rallie à Biden pour vaincre un Donald Trump en mal de popularité

(AP Photo/Evan Vucci)

Après avoir annoncé la semaine dernière se retirer de la course à la Maison Blanche, le démocrate Bernie Sanders proclame maintenant son soutien à son rival Joe Biden. L’objectif est simple et de plus en plus réaliste: vaincre le président républicain en novembre.

Beaucoup l’attendaient, voici qui est fait. Le socialiste Bernie Sanders (78 ans) a annoncé ce lundi son soutien à Joe Biden afin de remporter la victoire présidentielle. Un appui accueilli bras ouverts par son rival (77 ans), ‘un homme très respectable’, dixit Sanders.

‘Vous avez placé les intérêts de la Nation et le besoin de battre Donald Trump au-dessus de tout’, a déclaré Biden au sénateur du Vermont. ‘Comme vous dites, ce n’est pas +moi+ mais +nous+’, en référence au slogan de Sanders, plaçant sa campagne sous le signe de l’unité.

Si les deux anciens rivaux ont décidé de mettre leurs différends de côté, c’est que le jeu en vaut la chandelle: ‘Vaincre quelqu’un qui, je crois, est le président le plus dangereux de l’histoire moderne de ce pays’, selon Bernie Sanders.

‘Aujourd’hui, je demande à tous les Américains – tous les démocrates, indépendants, et de nombreux républicains – de se rassembler dans cette campagne et de défendre votre candidature, que je soutiens’, a-t-il appelé à propos du programme de Biden. Lors de sa première candidature – et premier échec – en 2016, Sanders n’avait pourtant pas soutenu Hillary Clinton. Une décision qui avait sévèrement endommagé la campagne de l’ancienne secrétaire d’État.

Groupes de travail communs

Sanders a par ailleurs remercié sa base électorale dans une vidéo postée sur Twitter. ‘Nous devons faire de Trump un président à mandat unique et nous avons besoin de vous à la Maison Blanche’, a-t-il déclaré à l’intention de son ancien rival. ‘Je ferai donc tout ce que je peux pour que cela se produise.’

Biden a lui fait du pied aux électeurs de Sanders, particulièrement populaire chez les jeunes Américains. ‘Je vous vois, je vous entends, je comprends l’urgence de ce qui doit être fait pour ce pays et j’espère que vous vous joindrez à nous’, a-t-il dit.

Pour prouver sa bonne foi, il a ajouté qu’ils allaient créer des groupes de travail communs, notamment sur le changement climatique, la santé ou le financement des études supérieures, des thématiques sur lesquelles son rival avait fait des propositions nettement plus à gauche. L’union fait la force.

Trump dans la tourmente

De son côté, Donald Trump en a profité pour fustiger une fois de plus le socialiste, un terme presque accusateur dans un pays encore marqué par la Guerre froide. ‘C’est la preuve que, même si Bernie Sanders n’est pas sur les bulletins de vote en novembre, son programme le sera’, a commenté son équipe de campagne.

Une vaine tentative d’affaiblir son adversaire? Car le président actuel est dans la tourmente pour sa façon d’avoir géré la crise sanitaire du coronavirus. Ce lundi, Trump a mené une nouvelle conférence de presse agressive ne jouant pas en sa faveur. Il a revendiqué le pouvoir ‘total’ de lever le lockdown national, contredisant les gouverneurs et les experts sur le sujet.

‘Le président des États-Unis mène la barque’, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse au cours de laquelle il s’est disputé avec les journalistes. La Constitution américaine stipule pourtant que les États maintiennent l’ordre et la sécurité publics. Mais lorsque les journalistes ont demandé si Trump avait le pouvoir de passer outre les ordres imposés État par État, il a répondu: ‘Quand quelqu’un est le président des États-Unis, l’autorité est totale.’ L’administration Trump a signalé le 1er mai comme date potentielle pour l’assouplissement des restrictions.

Soutien en baisse

Ces décisions à chaud pourraient bien lui être fatales, à terme. Un récent sondage de Reuters/Ipsos indique ainsi que la popularité du président américain est en baisse face à sa gestion de la pandémie.

L’approbation de sa gestion de la crise a chuté à 42 %, contre 48 % la semaine précédente. Le taux d’approbation global de Trump est de 40 %, ce qui est proche de son niveau pendant une grande partie de sa présidence. Selon autre un sondage de CNN, 45% des Américains approuvent la réponse de Trump au coronavirus.

Mais le plus inquiétant pour Trump, c’est sans doute sa cote lors du match avec Joe Biden. CNN a découvert que le candidat démocrate est désormais en tête des électeurs inscrits dans tout le pays (53 % à 42 %). Et ce sont bien les conférences de presse sanguines du président qui seraient à la source de cette défection.

Axios et le New York Times ont rapporté qu’une série de personnalités ont été consternées par ces briefings, que Trump a utilisés pour propager des mensonges et des désinformations sur sa réponse à la pandémie. ‘Les alliés de la Maison Blanche et les législateurs républicains pensent de plus en plus que les briefings nuisent au président plus qu’ils ne l’aident’, a rapporté le Times. Pas sûr pourtant que cela ne suffise à calmer ses ardeurs…

Lire aussi: