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Après avoir mis le holà, l’Inde libère des stocks d’hydroxychloroquine sous les menaces de Trump

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Crise du coronavirus

07/04/2020 | Sonia Romero | 5 min de lecture

Le premier ministre indien Narendra Modi et le président américain Donald Trump à New Delhi, le 25 février. (EPA-EFE/HARISH TYAGI)

L’Inde avait banni samedi l’exportation d’hydroxychloroquine, un traitement antipaludéen présenté comme un potentiel traitement dans la lutte contre le coronavirus. Après des pressions du président américain, le pays d’Asie du Sud a finalement levé partiellement l’interdiction.

C’est une saga au dénouement digne du président américain. C’est que Donald Trump affectionne particulièrement l’hydroxychloroquine, ayant même vanté ses mérites à la télévision, le qualifiant de ‘don du ciel’. Une allocution qui a malencontreusement ‘provoqué’ la mort d’un sexagénaire. Mais pas de quoi décourager Donald Trump.

Aussi, quand l’Inde a annoncé samedi dernier mettre le frein sur l’exportation d’hydroxychloroquine au nom de ses besoins nationaux, on imagine l’émoi du président américain. Bien qu’il n’y ait pas de preuve médicale concluante de son efficacité, le médicament faisant vivement débat.

Représailles

Trump a donc pris son téléphone pour appeler ‘son véritable ami’ (comme il l’appelle) Narendra Modi, le Premier ministre indien. Un ami qu’il a menacé de ‘représailles’ si le pays ne libérait pas ses stocks. Ni une, ni deux, l’Inde fait machine arrière, et pas qu’un peu.

Dans une déclaration mardi matin, un porte-parole du gouvernement a ainsi déclaré que le pays avait levé certaines restrictions après que les fonctionnaires aient ‘confirmé la disponibilité des médicaments pour toutes les éventualités actuellement envisagées […] en quantité appropriée à tous nos pays voisins qui dépendent de nos capacités de production. Nous fournirons également ces médicaments essentiels à certaines nations particulièrement affectées par la pandémie’. Donc, les États-Unis, le pays comptant le plus de cas testés positifs au monde.

Le gouvernement indien a toutefois ajouté que l’hydroxychloroquine serait maintenue dans une catégorie ‘sous licence’, la demande étant ‘contrôlée en permanence’. L’Inde a aussi précisé qu’elle envisagerait toutes les exportations au cas par cas.

Obsession

Donald Trump développe presque une obsession publique pour l’hydroxychloroquine. Il s’est récemment vanté que les États-Unis avaient stocké 29 millions de doses de ce médicament. Ses espoirs se basent sur une étude menée par un groupe de scientifiques en mars, mais les résultats ont été ouvertement rejetés par les experts et les principaux corps médicaux.

Pourtant, l’hydroxychloroquine est actuellement administrée à 1.500 patients testés positifs pour le coronavirus à New York. Et il n’en resterait pas là.

Traitement expérimental pour Boris Johnson

Donald Trump a également déclaré avoir demandé aux entreprises pharmaceutiques américaines travaillant sur des ‘médicaments expérimentaux’ d’approcher les médecins de son autre ami, Boris Johnson. Le Premier ministre britannique est actuellement en soins intensifs après avoir été admis dimanche soir à l’hôpital pour des symptômes persistants. Son état est toutefois considéré comme stable, désormais.

S’il n’a ni nommé les entreprises, ni les médicaments, le président américain a tenu plus tôt dans la journée une conférence avec les quatre sociétés Amgen, Genetech, Gilead et Regeneron.

‘J’ai demandé à deux des principales entreprises [qui] sont venues avec des solutions et ont fait un travail incroyable […] et je leur ai demandé de contacter Londres immédiatement’, a déclaré Trump. ‘Ils ont vraiment fait progresser les thérapies et ils sont déjà arrivés à Londres. Nous avons contacté tous les médecins de Boris, et nous allons voir ce qui va se passer, mais ils sont prêts à y aller’.

Reste à voir si les médecins de Boris Johnson accepteront effectivement cette offre.

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Source: The Guardian


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