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La chloroquine, traitement miracle ou dangereux médicament?

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Crise du coronavirus

30/03/2020 | Sonia Romero | 6 min de lecture

Un employé vérifie la production de phosphate de chloroquine, reprise après une interruption de 15 ans, dans une entreprise pharmaceutique de la ville de Nantong, à l'est de la Chine. (FEATURECHINA/Newscom/Sipa USA)

Face à l’épidémie de coronavirus, l’usage de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine se développe de plus en plus pour traiter l’infection qui progresse rapidement. Ces substances auraient cependant causé la mort de plusieurs personnes en France.

Certains les voient comme la solution miracle face au coronavirus, d’autres comme des substances dangereuses, voire toxiques. La chloroquine (commercialisée sous le nom de nivaquine) et l’hydroxychloroquine (Plaquenil) ne cessent de générer des controverses dans la course pour un traitement. Et la dernière en date fait des étincelles.

Le site du magazine français Le Point rapporte que l’usage de la chloroquine peut engendrer des troubles cardiaques sévères qui auraient causé la mort de plusieurs patients. C’est le pharmacien d’un grand CHU français qui a lancé l’alerte: ‘Des cas de patients Covid-19 positifs présentent, sous hydroxychloroquine associée ou non à l’azithromycine [un antibiotique], des troubles du rythme ou de la conduction cardiaque, des arrêts cardiaques dans d’autres centres hospitaliers français.’ Des arrêts qui ont parfois été mortels.

L’alerte est vite arrivée aux oreilles du personnel médical en première ligne pour soigner les patients. Une information appuyée par l’agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine ce dimanche. ‘Des cas de toxicité cardiaque ont été signalés dans la région à la suite de prises en automédication de Plaquenil [hydroxychloroquine] face à des symptômes évocateurs de Covid-19, ayant parfois nécessité une hospitalisation en réanimation’, indique-t-elle dans un communiqué. Ces cas font l’objet d’une ‘évaluation’.

Des ‘dons du ciel’… vivement déconseillés

Le débat sur l’usage de la chloroquine fait rage en France, surtout suite aux déclarations du professeur Didier Raoult, directeur de l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection, qui annonce la ‘fin de partie’ pour le coronavirus grâce à ces ‘molécules miracles’. Tout comme Donald Trump qui les qualifie de ‘dons du ciel’. Une annonce qui a joué un rôle dans la mort d’un Américain d’une soixantaine d’années.

Certes, la chloroquine et l’hydroxychloroquine sont actuellement testées dans le cadre d’essais cliniques, et ce sont surtout leurs utilisations sauvages qui ont provoqué de tels drames. Ces dernières semaines, de nombreux patients angoissés par le coronavirus se sont jetés sur ces médicaments normalement utilisés pour traiter le paludisme, le lupus, la polyarthrite rhumatoïde ou les allergies au soleil.

Les risques de ces médicaments ne sont pas à prendre à la légère: toxicité cardiaque surtout, mais aussi troubles ophtalmologiques, neuropsychiatriques, gastro-intestinaux, hépatobiliaires, hématologiques et dermatologiques. Ils sont par ailleurs vivement déconseillés en association avec d’autres médicaments, ou en cas de maladies cardiaques, diabète, épilepsie, maladie de Parkinson, troubles du taux sanguin de potassium ou de calcium, porphyrie. Et doivent absolument être évités lors d’une grossesse.

Autorisé aux États-Unis

Comme on le disait, Donald Trump loue les supposés miracles de ces molécules. Et le régulateur américain du médicament (FDA) a autorisé dimanche les hôpitaux à utiliser la chloroquine et l’hydroxychloroquine contre le coronavirus.

Le département de la Santé a indiqué que la FDA donnait son feu vert pour que ces traitements soient ‘distribués et prescrits par des médecins aux patients adolescents et adultes hospitalisés atteints du Covid-19, de manière adaptée, quand un essai clinique n’est pas disponible ou faisable’.

Les autorités sanitaires américaines ont toutefois mis en garde la population contre l’automédication. L’Institut national de la Santé (NIH) et l’Autorité pour la recherche-développement dans le domaine biomédical (Barda), travaillent par ailleurs sur des essais cliniques. Un autre essai selon le protocole du professeur Raoult, associant hydroxychloroquine et azithromycine, doit bientôt être lancé à New York.

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Source: Le Point


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