Ukraine, Taïwan, commerce : Charles Michel tente de ne pas marcher sur les plates-bandes de Xi Jinping

Charles Michel, président du Conseil européen, a rencontré ce jeudi le président chinois Xi Jinping.

Pourquoi est-ce important ?

Traiter avec la Chine est un sérieux exercice d'équilibre pour l'Europe. D'une part, le pays est un partenaire commercial important. Dans le même temps, de nombreuses actions menées par la Chine ces dernières années sont en contradiction avec les valeurs et les normes européennes.

L’essentiel : Michel et Xi ont parlé pendant environ trois heures, rapporte la chaîne de télévision publique chinoise CCTV.

  • L’un des principaux points à l’ordre du jour était la guerre en Ukraine. Xi a appelé à une résolution diplomatique de la crise. Pour sa part, Michel aurait déclaré que l’UE apprécierait si la Chine faisait davantage pression sur la Russie par le biais du Conseil de sécurité des Nations unies. La Chine et la Russie y ont toutes deux un siège permanent.
  • Toutefois, la Chine a, par le passé, appelé à plusieurs reprises à une solution diplomatique, tout en refusant de condamner l’invasion. Le pays critique également les sanctions contre le régime russe depuis des mois.
  • Il y a quelques mois à peine, Xi et Vladimir Poutine ont même proclamé leur relation « illimitée ». Pendant ce temps, la Chine achète de plus en plus de pétrole à la Russie. En outre, les forces aériennes des deux pays ont effectué des exercices ensemble cette semaine.

Taïwan aussi à l’ordre du jour

Aussi : La situation à Taïwan a également été discutée.

  • La Chine considère Taïwan comme une province renégate et, ces dernières années, elle a de plus en plus menacé de s’emparer de cette nation insulaire démocratique, par la force si nécessaire.
  • Les pays qui reconnaissent Taïwan comme une entité indépendante sont punis par la Chine. Les relations du pays avec la Lituanie se sont dégradées lorsque la nation baltique a préféré avoir des relations avec Taipei plutôt qu’avec Pékin. Taïwan a ouvert une ambassade à Vilnius.
  • Sans surprise, Michel a proclamé jeudi que l’UE soutient la politique dite de la Chine unique. Selon cette doctrine, Taïwan fait partie de la Chine, tout comme des régions telles que Hong Kong. Cette ville jouit d’un certain nombre de libertés et de privilèges, mais ceux-ci se sont rapidement érodés ces dernières années.

Commerce avec la Chine

Le contexte : l’UE compte trop sur le commerce avec le pays pour marcher sur les plates-bandes de Xi.

  • L’Union compte sur la Chine pour un certain nombre de choses. Par exemple, le pays contrôle une grande partie des chaînes d’approvisionnement en panneaux solaires, en batteries, en puces électroniques et autres produits essentiels.
  • Chaque année, des centaines de milliards d’euros passent de l’UE à la Chine. Le déficit commercial s’élève actuellement à environ 230 milliards d’euros par an, rapporte AP News. Des pays comme la France et l’Allemagne, en particulier, préféreraient donc garder la Chine proche.
  • Pourtant, tous les pays de l’UE ne sont pas disposés à apaiser Xi. Les pays d’Europe de l’Est, qui ont eux-mêmes connu des régimes communistes, n’en sont pas fans. Ils préféreraient une relation plus étroite avec les États-Unis.

Politique zéro-covid

Autre fait notable : Michel se rend en Chine au moment même où se déroulent les manifestations les plus violentes que le pays ait connues depuis 1989.

  • Celles-ci ont éclaté la semaine dernière à Urumqi, la capitale de la province du Xinjiang. Un immeuble d’habitation y a brûlé, tuant au moins 10 personnes. Selon les témoins, ils n’ont pas pu quitter le bâtiment en raison des mesures de confinement strictes, les portes étant barricadées.
  • Les protestations se sont rapidement répandues comme une traînée de poudre dans tout le pays. Certains manifestants ont même ouvertement appelé à la démission du gouvernement, du jamais vu dans la Chine répressive de Xi. Dans plusieurs villes, les autorités chinoises ont réprimé les manifestants pour les disperser.
  • Après une semaine de chaos continu, le gouvernement chinois a décidé d’assouplir les mesures dans certaines villes. La pratique de la mise en quarantaine de quartiers entiers serait arrêtée. Certains commerces seraient également autorisés à rouvrir leurs portes.

(CP)

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