Nouvelle année, nouvelles règles : voici la liste des changements qui impacte votre portefeuille ou votre vie quotidienne en 2024.
Indexation des salaires en janvier
L’indexation des salaires est un mécanisme quasiment unique à notre pays, supposé garantir le pouvoir d’achat des ménages. Il se base sur l’indice santé, une estimation des prix à la consommation. L’inflation l’a fait augmenter, et l’indice de décembre est désormais connu.
Les salaires seront indexés au 1ᵉʳ janvier pour les cinq commissions paritaires les plus importantes du pays. Ensemble, elles représentent 1,3 million de Belges, ainsi que plus de 140.000 employeurs. Attention toutefois que les salaires n’augmenteront pas de la même manière pour tout le monde.
- CP200 (commerce automobile, industrie du béton, entreprises de construction, centres d’appel, etc.) : +1,48 %. C’est la plus large des commissions paritaires. Elle regroupe un demi-million de Belges.
- CP302 (industrie hôtelière) : +1,830 %.
- CP124 (construction) : +0,44753%
- CP118 et CP220 (industries alimentaires) : +1,83 %.
- CP140.03 (transport routier) : +1,83 %.
En comparaison, l’indexation au 1ᵉʳ janvier 2022 s’élevait à 3,58% et a été largement battue par celle du 1ᵉʳ janvier 2023 qui a atteint 11,08%, un record historique.
Les fonctionnaires ont, eux, déjà été augmentés, fin 2023. Pour le reste de l’année 2024, l’indice pivot qui déclenche l’indexation automatique devrait être dépassé deux fois, selon les prévisions du Bureau fédéral du plan.
Pas de place pour d’autres augmentations
La Banque nationale de Belgique (BNB) a partagé la semaine dernière ses prévisions pour 2024. L’institution monétaire a prévenu qu’il n’y avait aucune possibilité d’augmentation des salaires l’année prochaine en plus de l’indexation automatique.
Le gouvernement fédéral a introduit la loi sur les salaires en 1996, sous la direction du Premier ministre de l’époque, Jean-Luc Dehaene. Elle doit empêcher que les salaires dans notre pays augmentent plus rapidement que dans les pays voisins. Si cela se produit, une correction doit être apportée pour éliminer la différence avec les autres pays. Cela signifie qu’il n’y a pas de marge pour des augmentations de salaire supplémentaires pour le moment.
- Grâce à l’indexation automatique des salaires, la rémunération des Belges a augmenté plus rapidement que celle des Français, Allemands et Néerlandais. Le coût salarial horaire belge a augmenté de 4 points de pourcentage en 2022 et 2023 par rapport à ces pays.
- La loi sur les salaires ne devrait donc pas permettre une augmentation des salaires réels (en plus de l’indexation) en 2024. Même chose pour 2026 et 2026.
- Il appartient toutefois au Conseil central de l’économie (CCE) de calculer cette norme salariale. Les syndicats, les employeurs et le gouvernement déterminent ensuite s’il est possible d’accorder un salaire supplémentaire. Et à quel montant cela pourrait éventuellement s’élever. La marge devrait être nulle.
La pension minimum en augmentation
La pension minimum augmentera de 2,08% à partir du 1er janvier, tout comme l’allocation de remplacement de revenus (ARR). Un ou une travailleuse isolée ayant presté une carrière complète (soit 45 ans) verra ainsi sa pension grossir de 327 euros par rapport aux 1.292 euros alloués depuis septembre 2020, pour atteindre 1.619 euros nets par mois. Pour un ménage, la pension passera à 2.172 euros.
Les pensions supérieures au minimum augmenteront, elle, de 2%. En mai, le pécule de vacances des pensionnés augmentera lui aussi, de 2,55%.
Un plan antitabac avec une taxe sur la vapoteuse
Les cigarettes électroniques et autres dispositifs pour fumer sans réelle combustion sont de plus en plus populaires et attirent un public de plus en plus jeune. Une nouvelle dépendance qui inquiète le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke, qui a décidé de soumettre les liquides pour vapoteuses à une assise spéciale. 15 centimes d’euro par millilitre de liquide aromatisé à fumer.
Cette taxe s’applique aux liquides « standard » utilisés dans les cigarettes électroniques, mais aussi aux arômes et boosters de nicotine. De quoi donc faire grimper les prix, pour les inhalateurs de vapeur.
Le prix des cigarettes ordinaires augmentera également en janvier. L’année prochaine, un paquet de cigarettes coûtera en moyenne 2 euros de plus qu’aujourd’hui.
Des congés « récupérables » pour cause de maladie
Vous tombez facilement malade et ça vous a déjà gâché des vacances ? Alors, réjouissez-vous : il vous sera désormais possible de récupérer ces journées « perdues » au cours de l’année. Depuis 2012, la Cour de justice européenne considère que le travailleur qui tombait malade durant ses congés pouvait les récupérer, et la Belgique va s’y conformer à partir de 2024.
Attention : cette nouvelle mesure concerne les jours de congé légaux. Elle ne s’applique donc pas aux jours fériés ou aux jours extralégaux. Il faudra en outre prévenir votre employeur en cas de maladie et faire constater celle-ci par un médecin. En d’autres termes, toutes les règles concernant l’usage d’un certificat médical s’appliquent. Les jours reportés doivent être pris dans l’année, ou dans les deux ans dans le cas d’une longue maladie.
Une attestation de travail des arts
Le statut d’artiste sera réformé pour l’année à venir : une nouvelle Commission sera chargée d’octroyer des attestations du travail des arts, qui permettront aux artistes d’accéder pleinement à la sécurité sociale. L’attestation sera valable cinq ans et permettra d’obtenir un minimum de 1507,54 euros pour les personnes cohabitantes et isolées, et 1652,82 euros pour les chefs de ménage.
Les travailleurs déjà couverts par l’ancien régime du statut d’artiste seront automatiquement éligibles à la nouvelle attestation.
Davantage de flexi-jobs, mais des conditions supplémentaires
À partir de l’année prochaine, il sera possible d’exercer des emplois flexibles dans un plus grand nombre de secteurs. Le gouvernement est parvenu à un accord sur ce point lors des négociations budgétaires.
Douze secteurs seront ajoutés au 1er janvier 2024. Il s’agit des secteurs suivants : le secteur des autocars et autobus, l’enseignement et l’éducation, la garde d’enfants, le sport public et la culture, l’industrie funéraire, le secteur des événements, le secteur alimentaire, les écoles de conduite et les centres de formation, le secteur automobile, l’agriculture et l’horticulture et le secteur des déménagements et de l’immobilier.
Mais certaines conditions changent. Vous ne pourrez plus bénéficier d’un revenu supplémentaire illimité et exonéré d’impôts. Et il n’y aura plus de salaire minimum général. À partir de l’année prochaine, il sera basé sur les barèmes salariaux en vigueur dans le secteur où vous touchez de l’argent.
Le système d’épargne prénuptiale, c’est fini
Avec l’épargne préparant le mariage, un produit proposé par les mutuelles, les parents pouvaient mettre de côté jusqu’à 48 euros chaque année à partir du 14ᵉ anniversaire de leur enfant. Dès que leur fille ou fils se mariait ou vivait légalement avec quelqu’un, le montant épargné était reversé.
Mais ce système, jugé discriminatoire, sera aboli au 1ᵉʳ janvier. La suppression prévue ne s’applique pas aux contrats existants. Ainsi, le système sera progressivement abandonné.
Nouveau chèque-repas pour les fonctionnaires
À partir du 1er janvier, le personnel des services publics fédéraux bénéficiera d’un chèque-repas électronique nominatif par jour presté, dont la valeur nominale est fixée à 6 euros. Il s’agit d’une mesure décidée en 2022, mais reportée pour causes budgétaires.
Attention toutefois que les services publics fédéraux devront réaliser des économies en échange de ce chèque-repas, combiné à l’indexation des salaires. L’indemnité forfaitaire journalière de frais de séjour a ainsi été supprimée.
Immobilier : la TVA à 6%, de l’histoire ancienne (ou presque)
Les réductions de TVA ne seront plus d’application. À l’exception des particuliers qui démolissent et reconstruisent leur habitation. Les projets des promoteurs, des investisseurs et des multipropriétaires retrouvent les 21 % partout.
Augmentation des tarifs de bpost
Le tarif des timbres et des colis augmentera l’année prochaine. Le timbre-poste Non Prior, acheté à la pièce, passera de 1,39 euro à 1,46 euro. Le timbre-poste Prior passera, lui, de 2,17 euros à 2,27 euros. Le prix d’envoi des colis sera également majoré. Les tarifs pourraient également encore augmenter de 3 % au cours de l’année 2024 si l’inflation devait gonfler plus qu’attendu.
Attention : la poste a annoncé que le prix des colis sera augmenté d’un euro durant la période des fêtes et le pic d’activité qu’elle représente.
Fusion banque bpost – BNP Paribas Fortis
Les clients de la banque Bpost deviendront des clients de BNP Paribas Fortis à partir du 1ᵉʳ janvier 2024. Le nom de Bpost Bank disparaîtra à partir de fin 2023 et les 308 employés actuels seront transférés à BNP Paribas Fortis. L’entité juridique Bpost Bank SA cesse d’exister.
À partir de janvier 2024, tous les clients de BNP Paribas Fortis pourront obtenir les services financiers de base dans les 657 bureaux de poste de notre pays.
Les tarifs sociaux pour l’énergie vont augmenter
Les tarifs sociaux augmenteront en moyenne de 9,6% pour le gaz naturel et de 9,3% pour l’électricité, selon les données du régulateur fédéral de l’énergie (Creg).
Les frais de dossier des crédits hypothécaires
Le plafond des frais de dossier pour un crédit hypothécaire sera ramené de 500 euros à 350 euros.
Wallonie
Le tri des déchets organiques obligatoire
Après Bruxelles et ses sacs orange, voilà que le sud du pays s’y met. La plupart des communes du pays avaient déjà mis en place des services pour collecter les restes organiques. Les particuliers comme les entreprises devront donc officiellement s’y soumettre.
Selon les communes, il peut s’agir d’une nouvelle collecte en porte-à-porte, mais aussi de points d’apports volontaires, ou encore d’un compost de quartier.
Augmentation de la valeur du titre-service
À partir du 1er janvier, la valeur du titre-service passe de 9 à 10 euros. En outre, les agences ne pourront plus réclamer des frais complémentaires aux utilisateurs. Une manière de coller à l’inflation tout en supprimant de fait des frais supplémentaires considérés comme abusifs. En théorie, l’utilisateur devrait s’y retrouver.
Quant aux prestataires, ils devraient bénéficier de meilleures conditions de travail. La réforme prévoit un remboursement à hauteur de 100% de l’abonnement social pour les déplacements domicile-lieu de travail. Mais aussi une analyse des risques obligatoire pour les entreprises, de même que des visites médicales.
La fin du compteur qui tourne à l’envers
Pour les nouvelles installations photovoltaïques, il ne sera plus possible d’installer un compteur qui tourne à l’envers. Elles devront nécessairement être associées à un compteur double-flux dit « intelligent ». L’objectif : consommer son électricité quand elle est produite. Les installations existantes bénéficieront, elles, de la compensation jusqu’au 31 décembre 2030.