Quels ont été les gagnants et les perdants des deux décennies de la mondialisation (en un simple graphique)?

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Les deux décennies comprises entre la chute du Mur de Berlin et la crise financière de 2008, qui sont aussi celles de la mondialisation, ont profité aux classes moyennes émergentes et aux super-riches de la planète ; d’un autre côté, les classes moyennes supérieures et les plus pauvres ont vu leurs revenus stagner.

C’est ce qui ressort d’une étude menée par Branko Milanovic de la Banque Mondiale, « Global Income Inequality by the Numbers : in History and Now ». Elle montre que ce sont les super riches de la planète, mais aussi ce que l’on appelle la classe sociale moyenne émergente, qui inclut plus d’un tiers de la population du monde, qui ont connu les plus grandes hausses de revenus entre 1988 et 2008.

Les 1% les plus riches de la planète ont vu leurs revenus progresser de plus de 60% au cours de ces deux décennies.

Cependant, les plus fortes hausses ont été enregistrées autour de la médiane des revenus mondiaux. La médiane a elle-même progressé de 80%, et les revenus proches de cette médiane ont progressé de 70%. Ces hausses ont profité à 200 millions de Chinois, 90 millions d’Indiens, et environ 30 millions de personnes en Indonésie, au Brésil et en Egypte.

Mais ce qui a le plus surpris les auteurs de cette enquête, c’est que le dernier tiers de la distribution des revenus mondiaux a également enregistré des hausses significatives, avec des progressions comprises entre 40% et 70%. Et c’est cette hausse des revenus des classes les plus modestes de la planète qui a permis à la frange de ce que la Banque Mondiale les pauvres absolus, et dont le revenu quotidien est inférieur à 1,25 dollar, de se réduire pour passer de 44% à 23% de la population mondiale sur ces 20 dernières années. Autrement dit, à l’ère de la mondialisation, ces catégories on pu s’échapper de la pauvreté absolue. Les seuls à ne pas avoir profité de ce « miracle » sont les 5% les plus pauvres de la population mondiale, qui ont connu une stagnation de leurs revenus.

D’un autre côté, les plus grands perdants de la mondialisation sont les classes moyennes supérieures, dont les revenus ont stagné, dans les anciens pays communistes, en Amérique Latine, comme dans les pays riches.

En 1988, un Africain qui percevait le revenu moyen du continent disposait d’un revenu égal aux 2/3 de la médiane internationale. En 2008, ce revenu ne correspondait plus qu’à un peu moins de ce que percevait la moitié de la planète.

Les auteurs concluent qu’entre 1988 et 2008, nous pourrions avoir assisté au premier déclin des inégalités dans le monde depuis la Révolution Industrielle. Ce déclin devrait se poursuivre si les revenus des différents pays du monde continueront de s’harmoniser comme ils l’ont fait au cours de la dernière décennie, et si des politiques qui ont été mises en place au plan national pour lutter contre les inégalités sont maintenues.

Le rapport de l’étude se trouve ici.