Premiers résultats de l’enquête politique de Business AM : assainissement budgétaire, pouvoir d’achat et confiance politique remarquablement faible


Principaux renseignements

  • Les premiers résultats intermédiaires de notre enquête politique sont disponibles : près de 700 lecteurs de Business AM se sont déjà exprimés. L’enquête se poursuit jusqu’au 30 septembre 2026
  • Le budget doit d’abord être assaini : l’assainissement budgétaire, l’arrêt des nouvelles dépenses et la lutte plus sévère contre la fraude sociale recueillent un large soutien
  • Le pouvoir d’achat reste au cœur des préoccupations : l’indexation intégrale, une énergie abordable et la protection des retraites pèsent lourd dans les réponses
  • Faible confiance dans le monde politique : parallèlement, des inquiétudes s’expriment concernant la fiscalité, l’immigration et la démographie, la transition énergétique et le fossé entre les citoyens et la classe politique

Les premiers résultats de la grande enquête politique de Business AM font ressortir plusieurs tendances claires. Une majorité des réponses cochées à la question sur le budget privilégient l’assainissement budgétaire et l’arrêt des nouvelles dépenses. Parallèlement, le pouvoir d’achat, les retraites et la fiscalité figurent en tête des priorités. En matière d’énergie également, la demande de prix abordables et de liberté de choix est particulièrement forte. Et la confiance dans le monde politique s’avère extrêmement faible.

Le sondage politique de Business AM est toujours en cours, mais 636 lecteurs néerlandophones et 59 francophones y ont déjà participé. Cela donne un premier aperçu intéressant de la situation.

Une première analyse des 29 questions montre surtout que les thèmes du budget, du pouvoir d’achat, des impôts et de l’énergie sont étroitement liés.

Assainir d’abord, dépenser ensuite

Le résultat le plus clair provient de la question portant sur les priorités à établir concernant le budget belge.

Sur les 636 participants néerlandophones ayant répondu à cette question, 59 pour cent ont choisi de commencer par assainir sérieusement les finances publiques et de mettre un terme aux nouvelles dépenses ; 54,1 pour cent des francophones ont également opté pour cette solution. Cette option arrive donc clairement en tête.

21,4 pour cent (NL) et 18 pour cent (FR) ont opté pour une lutte plus sévère contre la fraude sociale et l’activation des personnes sans emploi. 11,7 pour cent (NL) et 9,8 pour cent (FR) ont choisi d’augmenter « les impôts sur les “épaules les plus solides” ».

La même préoccupation ressort lorsque l’on demande où il faut intervenir dans le budget. Dans la question concernant la Wallonie, 45,5 pour cent des participants flamands estiment qu’il faut s’attaquer à l’administration publique et au nombre de fonctionnaires. Parmi les participants wallons, une proportion encore plus importante partage cette conviction, à savoir 49,2 pour cent.

En ce qui concerne le budget bruxellois, ce chiffre s’élève à 50,9 pour cent des participants néerlandophones et à 41,9 pour cent des participants francophones qui souhaitent que l’administration publique et les frais de personnel soient traités en priorité.

Les participants semblent ainsi transmettre un message assez cohérent à travers différentes questions : avant d’envisager de nouvelles charges fiscales ou dépenses, un groupe important estime qu’il faut d’abord se pencher sur la taille et l’efficacité de l’administration publique.

Le pouvoir d’achat devient un thème central

Cette discipline budgétaire n’est toutefois pas sans rapport avec une autre préoccupation évidente : ce qui reste dans le portefeuille des ménages et des retraités.

Concernant la question de la politique salariale et d’indexation, le groupe le plus important (35,2 pour cent (NL) et 42,4 pour cent (FR)) est favorable à la suppression du plafonnement de l’indexation et au maintien intégral de l’indexation automatique.

Mais les réponses sont partagées. 19,4 pour cent (NL) estiment que l’indexation en centimes et la loi sur la norme salariale sont nécessaires pour maintenir sous contrôle les coûts salariaux et les dépenses de pension (contre seulement 10,2 pour cent chez les francophones). 19,3 pour cent (NL) et 25,4 pour cent (FR) souhaitent assouplir la loi sur la norme salariale. 18,2 pour cent (NL) et 15,3 pour cent (FR) souhaitent même aller plus loin et instaurer temporairement un saut d’index complet.

Le débat est particulièrement d’actualité. Depuis le 1er juin 2026, l’indexation en centimes s’applique aux salaires de référence supérieurs à 4 000 euros bruts, la partie dépassant ce seuil n’étant pas entièrement indexée.

L’impact est également concret pour les pensions : la réforme adoptée en mai 2026 limite, lors de deux indexations, l’augmentation des pensions supérieures à 2 000 euros bruts à un maximum de 40 euros bruts par mois. La réforme comprend en outre des modifications concernant la pension anticipée et le bonus de pension.

Dans ce contexte, il est frappant de constater que, sur la question des pensions, 35,6 pour cent (NL) et 36,1 pour cent (FR) des personnes interrogées estiment qu’il faut d’abord s’attaquer à d’autres dépenses publiques avant de toucher aux retraites.

Le pouvoir d’achat reste quant à lui un sujet d’actualité : le Bureau fédéral du Plan prévoit pour 2026 une inflation moyenne de 3,6 pour cent et une hausse de l’indice de santé de 3,2 pour cent.

Taxe sur la plus-value : des avis partagés, mais des critiques nettes

La nouvelle taxe sur la plus-value divise également les participants.

Le groupe le plus important (39,1 pour cent NL et 36,7 pour cent FR) qualifie cette taxe de mesure irresponsable qui décourage l’épargne, l’investissement et l’entrepreneuriat familial.

À l’opposé, 29,3 pour cent (NL) et 36,7 pour cent (FR) des personnes interrogées considèrent qu’un taux de 10 pour cent constitue un compromis acceptable, mais souhaitent augmenter l’exonération annuelle pour les petits investisseurs.

Encore 16,7 pour cent (NL) et 8,3 pour cent (FR) estiment que les plus-values doivent être imposées de la même manière que les revenus du travail. 10,9 pour cent (NL) et 11,7 pour cent (FR) jugent cette taxe nécessaire pour réduire la charge fiscale sur le travail, mais souhaitent un taux plus élevé et moins de niches fiscales.

Ici non plus, il n’y a donc pas de réaction uniforme. Toutefois, l’impact de la fiscalité sur les revenus, l’épargne et les placements est clairement un thème important pour les participants.

Énergie : la liberté de choix et des prix abordables pèsent lourd

En matière d’énergie, c’est surtout la combinaison de l’énergie nucléaire, de prix abordables et de la liberté de choix qui retient l’attention.

La majorité (39,7 pour cent NL et 32,3 pour cent FR) opte pour le maintien et le développement de l’énergie nucléaire aussi longtemps que possible.

32,3 pour cent (NL) et 29 pour cent (FR) souhaitent garder toutes les technologies ouvertes et faire des choix en fonction du coût et de la fiabilité.

Mais ce sont surtout les questions relatives à la transition énergétique concrète qui donnent des résultats marqués.

À la question sur les pompes à chaleur, pas moins de 62,2 pour cent (NL) et 47,5 pour cent (FR) choisissent l’option suivante :

« Laisser le choix aux gens et ne pas exercer de contrainte. »

À la question sur le démantèlement du réseau de gaz naturel, 53,7 pour cent (NL) et 64,4 pour cent (FR) des personnes interrogées choisissent l’option selon laquelle le gouvernement doit d’abord proposer des alternatives réalistes et abordables.

Ce résultat est frappant, car il ne s’agit pas seulement de savoir s’il faut une transition énergétique, mais surtout de la manière dont elle sera mise en œuvre.

Les prix actuels de l’énergie rendent également ce thème particulièrement pertinent. La CREG a annoncé en septembre que le tarif social du gaz naturel et de la chaleur augmenterait en moyenne de 11,4 pour cent au quatrième trimestre 2026 par rapport au troisième trimestre. Sans le plafond en vigueur, cette hausse aurait été bien plus importante.

Selon les participants, le problème politique ne se limite pas à un seul dossier

De nombreux participants ne voient pas un problème isolé, mais une combinaison de plusieurs problèmes. L’une des questions les plus intéressantes est peut-être la question 27 : « Selon vous, quel est le principal problème que la classe politique ignore ou sous-estime aujourd’hui ? »

Quatre options concrètes ont été proposées aux participants :

  • des impôts élevés combinés à une baisse du pouvoir d’achat ;
  • une transition énergétique jugée irréaliste et trop rapide ;
  • l’impact de l’immigration et de l’évolution démographique sur la sécurité sociale et la société ;
  • le manque de confiance entre les citoyens et la classe politique dû à un fossé entre les promesses et leur concrétisation.

Les participants pouvaient également choisir « la combinaison de toutes les réponses ».

Cette dernière option arrive en tête avec 41,2 pour cent (NL) et 47,5 pour cent (FR).

Parmi les quatre problèmes distincts, l’impact de l’immigration et de l’évolution démographique sur la sécurité sociale et la société arrive en deuxième position avec 23,4 pour cent. Vient ensuite le manque de confiance entre les citoyens et la classe politique (16 pour cent). La fiscalité élevée, combinée à la baisse du pouvoir d’achat, recueille 8,1 pour cent, tandis que la transition énergétique irréaliste et trop rapide obtient 5,9 pour cent.

Chez les participants francophones, le tableau est légèrement différent. Après cette combinaison, le deuxième sujet de préoccupation est le manque de confiance entre les citoyens et la classe politique (18 pour cent). Viennent ensuite les questions démographiques et leur impact sur la sécurité sociale et la société, qui constituent le troisième sujet de préoccupation (14,8 pour cent). Enfin, on trouve les impôts élevés combinés à la baisse du pouvoir d’achat (8,2 pour cent) et la transition énergétique irréaliste et trop rapide (6,6 pour cent).

C’est un résultat intéressant : pour la majorité des personnes interrogées, le problème ne réside apparemment pas dans un dossier isolé, mais dans la combinaison de différents problèmes économiques, sociaux et politiques.

Confiance dans le monde politique : des scores particulièrement bas

Le résultat le plus frappant est peut-être celui de la dernière question.

Parmi toutes les réponses à la question sur la crédibilité des gouvernements fédéraux et régionaux et des responsables politiques, 40,1 pour cent (NL) et 45 pour cent (FR) relèvent de la catégorie « inexistante ».
28 pour cent (NL) et 25 pour cent (FR) ont choisi « modérée ».
Enfin, 27,2 pour cent (NL) et 25 pour cent (FR) ont estimé que la crédibilité était « faible ».

Seuls 2,3 pour cent (NL) et 5 pour cent (FR) jugent la crédibilité des gouvernements et des responsables politiques actuels comme « élevée ».

Mais comme l’enquête est toujours en cours, il faudra attendre pour voir dans quelle direction ce résultat évoluera finalement.

Et puis, il y a aussi la divergence communautaire

La question sur la structure de l’État belge fait apparaître une différence frappante entre les participants néerlandophones et francophones.

Chez les participants néerlandophones, la catégorie la plus représentée est celle d’un modèle entièrement confédéral : 41,8 pour cent.

Chez les participants francophones, en revanche, 49,2 pour cent optent pour davantage de compétences au niveau fédéral.

Ce n’est encore qu’un premier point d’étape

Les premiers résultats mettent donc surtout en évidence quatre grandes préoccupations : les finances publiques, le pouvoir d’achat, l’énergie et la confiance dans le monde politique.

Les réponses montrent également que les participants ne forment pas nécessairement un bloc politique cohérent. Sur plusieurs questions, on observe de grands groupes dont les opinions divergent fortement. C’est précisément ce qui rend la suite de l’analyse intéressante.

Au cours des prochaines semaines, nous approfondirons l’analyse des résultats et examinerons quelles tendances se dessinent dans les différents thèmes.

Méthodologie

Cette enquête a été diffusée auprès des lecteurs de Business AM. À ce jour, 636 participants néerlandophones et 59 francophones y ont pris part. Il s’agit d’une enquête en ligne volontaire et non d’un échantillon représentatif de la population belge.

Les résultats reflètent les réponses des participants à cette enquête, et non l’opinion de l’ensemble des Belges.

Comme il s’agit de questions à choix multiples, les participants pouvaient cocher plusieurs réponses. Les pourcentages sont donc calculés sur la base de toutes les réponses cochées. Le total des pourcentages peut donc dépasser 100 pour cent.

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