Poutine tient sa ‘réserve policière’ prête pour intervenir en Biélorussie

Le Président russe Vladimir Poutine (Isopix)

Le président russe, Vladimir Poutine, a annoncé à la télévision qu’une réserve policière était prête à intervenir en Biélorussie. Le chef de la Russie indique toutefois que la situation reste actuelle sous contrôle et qu’il ne doit pas encore envoyer ses hommes. En attendant, il exhorte les manifestants à participer à une discussion pour trouver une solution à la situation.

Les liens entre la Biélorussie et la Russie sont très étroits, que ce soit au niveau ethnique, culturel ou historique. Le pays d’Europe de l’Est appartenait à l’URSS jusqu’à son démantèlement en 1991. Aujourd’hui, plusieurs accords les lient, dont le traité de sécurité collective obligeant les membres à garantir la sécurité des autres.

Dans ce cadre, le président biélorusse contesté Alexandre Loukachenko a demandé une aide à la Russie, et Poutine n’a pas pu s’y opposer. Le président russe a donc créé une réserve de policiers – dont on ne connait pas l’ampleur – qui se tiennent prêts à partir en Biélorussie pour mater les manifestations.

Toutefois, ils n’ont pas encore pris la route vers le pays voisin. ‘Nous [Poutine et Loukachenko] sommes également convenus qu’elle ne sera utilisée que si la situation est hors de contrôle’, a expliqué le président russe. Selon lui, la situation serait ‘hors de contrôle’ si les manifestations allaient jusqu’à des incendies de voitures, de maisons ou de banques, des vols à main armée, des tentatives de s’emparer de bâtiments administratifs, etc.

Appel à la discussion

Lors de son message télévisé, le président russe a aussi exhorté tous les participants à ‘trouver une issue’ à la crise. Si ce message de prime abord semble simplement appeler à la discussion, les manifestants pourraient y percevoir une menace.

Vladimir Poutine affirme toutefois que son pays réagit de manière ‘bien plus réservée et neutre que beaucoup d’autres pays, à la fois européens et américains’. L’Union européenne a annoncé de sanctions à l’encontre du pays et a clairement affirmé son soutien aux manifestants en demandant de nouvelles élections. Le chef d’État russe a quant à lui montré plus souvent son soutien au président Loukachenko qu’au peuple biélorusse.

Plusieurs intervenants extérieurs voient dans les actions de Poutine une manière de s’immiscer dans les affaires biélorusses. La Pologne est allée jusqu’à exhorter à Moscou ‘d’immédiatement renoncer à ses plans d’intervention militaire sous un faux prétexte’.

Cela va bientôt faire trois semaines que les opposants à Loukachenko descendent dans les rues chaque soir pour demander de nouvelles élections. Les manifestations sont réprimées dans la violence. La principale adversaire du président, Svetlana Tikhanovskaïa, a dû fuir en Lituanie pour éviter la prison.