Porsche va donner vie à l’eFuel, un carburant qui rendrait les véhicules thermiques aussi verts que les électriques

Aujourd’hui, pratiquement tous les constructeurs automobiles tendent à l’électrification de leur gamme. Porsche n’y fait pas exception. Cependant, la marque allemande n’abandonne pas pour autant les moteurs thermiques. Elle planche d’ailleurs sur un nouveau type de carburant, qui rendrait ses voitures aussi vertes que les véhicules électriques.

Si les véhicules électriques n’émettent pas de CO2 lorsqu’ils sont en marche, il est désormais bien connu que leur processus de fabrication engendre quant à lui encore bon nombre de dangers pour l’environnement et le climat. De plus, si la part de voitures électriques en circulation va sans cesse grignoter du terrain sur celle des thermiques dans les prochaines années, il faudra encore attendre des décennies avant de voir ces dernières totalement disparaître.

Dans cette optique, Porsche planche sur un nouveau carburant à brûler: l’eFuel. Avec cette invention, le constructeur allemand vise une réduction de 85% des émissions de dioxyde de carbone par rapport aux véhicules thermiques actuels. Selon la firme, ce chiffre équivaut à la réduction permise par les véhicules électriques, en tenant compte de la production des moteurs et de la génération de l’électricité de ceux-ci.

Faire du neuf avec du vieux

Pour concevoir ce carburant synthétique, Porsche s’est allié à ExxonMobil et à Siemens Energy. Concrètement, ces entreprises sont déjà en train de construire un site de production dans le sud du Chili, une région aux conditions climatiques extrêmement favorables à l’énergie éolienne. Grâce à l’énergie fournie par un parc éolien, le système va dissocier de l’eau en ses deux composants: l’oxygène et l’hydrogène. Ensuite, il s’agira de filtrer le CO2 de l’air, puis de le combiner avec l’hydrogène vert pour former du méthanol synthétique. Cela permettra de produire du méthanol renouvelable, qui peut être converti en carburant respectueux du climat à l’aide d’une technologie MTG (méthanol en essence) développée par ExxonMobi, explique Porsche.

Comme le souligne cnet.com, l’idée n’est pas neuve. Ainsi, ce processus dit de Fischer-Tropsch remonte au début des années 1920. Il aurait même représenté 9% de la consommation de carburant militaire de l’Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale et 25% de la consommation de carburant des véhicules civils pendant la même période.

‘L’électromobilité est une priorité absolue chez Porsche. Les carburants électroniques pour voitures sont un complément utile à cela – s’ils sont produits dans des régions du monde où un surplus d’énergie durable est disponible. Ils constituent un élément supplémentaire sur la voie de la décarbonisation. Leurs avantages résident dans leur facilité d’application: les eFuels peuvent être utilisés dans les moteurs à combustion et les hybrides rechargeables, et peuvent utiliser le réseau existant de stations-service. En les utilisant, nous pouvons apporter une contribution supplémentaire à la protection du climat’, se félicite Porsche.

Quels objectifs ?

Dans la phase pilote, environ 130.000 litres d’eFuels seront produits sur le site chilien dès 2022. Une capacité qui sera ensuite portée à environ 55 millions de litres d’ici 2024 et à environ 550 millions de litres d’eFuels d’ici 2026. Une quantité qui représente… 0,1% de l’essence brûlée en 2020 dans les véhicules américains.

A priori, cet eFuel sera donc réservé à une poignée de véhicules, à commencer par les voitures de sport et les traditionnelles de chez Porsche. Cela permettra à la marque légendaire de conserver une part de son identité originelle, tout en se conformant aux futures normes environnementales.

Critiques

Notons enfin que, pas encore né, l’eFuel a déjà ses premiers détracteurs. Le mois dernier, l’ONG européenne Transport et Environnement a livré une étude émettant deux sérieux bémols envers les projets de carburant ‘vert’ tels que celui pensé par Porsche. D’après elle, ces voitures à e-fuels seraient à la fois plus polluantes (40% d’émissions de CO2 en plus que les voitures à batterie électriques) et plus chères, tant à l’achat que pour faire le plein.

Si cette étude doit être mise en lumière, il convient toutefois de rappeler que Porsche n’envisage de toute façon pas de miser sur l’eFuel en lieu et place de l’électrique. Il s’agit d’une voie parallèle, destinée à une petite partie de sa gamme.

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