Oubliez ce que vous savez de la formation des planètes dans notre système solaire

Arrokoth, l’objet le plus lointain et le plus primitif du système solaire jamais visité par un vaisseau spatial. (NASA/Laboratoire de physique appliquée de l’Université Johns Hopkins/Institut de recherche du Sud-Ouest/Roman Tkachenko via AP)

Les découvertes du vaisseau spatial New Horizons de la NASA ont radicalement renversé la théorie de la formation des planètes. En fin de compte, c’est bien moins spectaculaire que l’on pensait.

Ni notre planète ni le système solaire n’ont été créés en sept jours, si vous en doutiez encore. Une nouvelle découverte vient cependant bouleverser nos croyances au sujet de la formation des planètes. Selon l’opinion (actuellement) établie, on imaginait que la matière s’était violemment écrasée pour former des amas toujours plus grands jusqu’à ce qu’ils deviennent des mondes.

Une nouvelle étude présentée à la réunion de l’Association américaine pour l’avancement de la science à Seattle et relayée par la BBC montre toutefois que les choses se sont passées de façon moins ‘catastrophique’. La matière se serait au contraire agglomérée bien plus doucement qu’imaginé.

Une découverte stupéfiante

Selon le chercheur principal de l’étude, le Docteur Alan Stern, nous sommes là face à une découverte d’une ‘ampleur stupéfiante’. ‘Il y avait la théorie dominante de la fin des années 1960 sur les collisions violentes et une théorie émergente plus récente sur l’accumulation douce. L’une est de la poussière et l’autre est la seule à rester debout. Cela arrive rarement dans la science planétaire, mais aujourd’hui nous avons réglé la question’, a-t-il déclaré à BBC News.

Si vous n’êtes pas convaincus, sachez que l’on doit cette découverte à un vestige intact de la formation des planètes en action, datant d’il y a 4,6 milliards d’années. Baptisé Arrokoth, cet objet situé à plus de six milliards de kilomètres du Soleil s’est créé de la combinaison de deux corps.

Une théorie évoquée il y a 15 ans

Grâce au vaisseau New Horizons de la NASA, les scientifiques ont pu obtenir des images d’Arrokoth l’an dernier et confronter ainsi les deux théories concurrentes: ses composants se sont-ils écrasés ensemble ou y a-t-il eu un contact léger? Aucune fracture ni aplatissement ni quoi que ce soit indiquant un impact violent a pu être détecté. ‘C’est tout à fait décisif’, s’est ébahi le Dr Stern. ‘D’un seul coup, le survol d’Arrokoth a pu décider entre les deux théories.’

Pour la petite histoire, cette théorie de l’agglutination (vs celle de l’écrasement) a été développée il y a 15 ans par le professeur Anders Johansen, à l’Observatoire de Lund en Suède, alors qu’il n’était qu’un jeune doctorant. Lorsque la BBC l’a appelé pour lui annoncer la nouvelle, il aurait fait ‘une pause’ au bout de la ligne avant de répondre ‘qu’il se sentait bien’. Certes, ce n’est pas tous les jours qu’on voit une de ses théories spatiales confirmées par la NASA…

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