Opération London Bridge: voici le plan du gouvernement britannique en cas de décès de la reine Élisabeth II

Cela finira bien par arriver un jour, et ça sera sans nul doute un des événements majeurs du XXIe siècle. Le Royaume-Uni a prévu toute une procédure d’une précision militaire pour les futures funérailles de la reine et l’accession au trône de son fils Charles.

Aux dernières nouvelles, la reine du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord se porte très bien : malgré ses 95 ans et le décès de son mari Philip Mountbatten en avril dernier, la santé d’Élisabeth II n’est aucunement préoccupante. Il n’empêche que le gouvernement de son Royaume s’est préparé à l’éventualité de voir son règne s’achever, et avec une précision toute britannique, selon des documents qu’a pu obtenir Politico.

D-Day funeste

Le jour du funeste événement sera enclenchée l’opération London bridge : une cascade d’appels téléphoniques doit informer chaque membre éminent du gouvernement du décès de la reine. Le premier ministre sera directement mis en ligne avec le secrétaire particulier d’Élisabeth II, qui informera aussi les membres du Bureau du Conseil privé, qui coordonne en temps normal le travail du gouvernement avec celui de la reine.

Le timing sera essentiel : l’opération prévoit que chaque ministre ou représentant civil du Royaume reçoive par mail l’avis de décès officiel, et que chaque représentant s’y tienne publiquement, respectant un devoir de discrétion. Les médias doivent être informés en même temps. Et surtout, véritable facteur d’inquiétude: tous les drapeaux flottant sur Whitehall doivent être mis en berne dans un délai de 10 minutes après la divulgation de la mort du souverain.

Le site web de la famille royale se transformera en une page d’attente noire avec une courte déclaration confirmant le décès de la reine. Le site du gouvernement britannique – GOV.UK – affichera une bannière noire en haut de page. Toutes les pages de médias sociaux des ministères du gouvernement afficheront également une bannière noire et changeront leurs photos de profil pour afficher le blason de leur ministère.

L’avènement de Charles

Dès le lendemain de l’annonce officielle, le Conseil d’accession au trône se réunira au palais Saint-James afin de proclamer le fils ainé de la reine, Charles, comme nouveau souverain légitime du pays. Des centaines de membres de gouvernement seront tenus d’y assister, en tenue noire sans la moindre décoration. La proclamation sera ensuite lue au palais de Saint-James et au Royal Exchange dans la ville de Londres, confirmant Charles comme roi.

La logistique prend un aspect véritablement militaire quant au sujet du rapatriement du corps de la reine jusqu’à Buckingham Palace. Tout un écheveau d’opérations ferroviaires spéciales doit parer à toutes les éventualités : si la reine décède dans sa résidence écossaise de Balmoral, l’opération Unicorn sera enclenchée. Une alternative existe au cas où un transport en train serait impossible: l’opération Overstudy prévoit un rapatriement en avion.

A partir de D-Day+3, le nouveau roi Charles III (s’il choisit de régner sous son nom de naissance, ce qui n’est pas strictement obligatoire) entamera une grande tournée de la Grande-Bretagne, qui commencera par la capitale écossaise Édimbourg.

La fin d’une ère

Après une répétition la veille, le cercueil de la reine sera transféré de Buckingham Palace au palais de Westminster dans une grande procession endeuillée (opération Lion). Le corps sera déposé sur un catafalque au centre de Westminster Hall, où il sera exposé durant trois jours.

Les funérailles nationales proprement dites auront lieu à l’abbaye de Westminster 10 jours après le décès de la reine. Il y aura deux minutes de silence dans tout le pays à midi, et des processions auront lieu à Londres et à Windsor. Un service funèbre aura lieu dans la chapelle Saint-Georges du château de Windsor, et la reine sera enterrée dans la chapelle commémorative du roi George VI, son père et prédécesseur.

C’est à cette finale étape que le gouvernement britannique craint de ne pas être à la hauteur: le ministère des transports s’est inquiété du fait que le nombre de personnes souhaitant se rendre à Londres pourrait causer des problèmes majeurs au réseau de transport et entraîner une surpopulation dans la capitale. Une saturation totale de la ville est à craindre, avec des centaines de milliers de personnes se pressant pour rendre un dernier hommage à celle qui a incarné la Grande-Bretagne durant le plus long règne de l’histoire du pays.

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