Musk et Zuckerberg sont-ils de mauvais PDG? Ils ne sont pas repris dans un nouvel ETF constitué selon le caractère et le bon leadership des patrons

Un nouvel ETF est apparu sur les marchés jeudi. Les actions que ce fonds négocié en bourse propose sont sélectionnés selon des critères originaux : la qualité de leader et le caractère des PDG. Les absents, comme Elon Musk et Mark Zuckerberg, n’auraient donc pas cette qualité-là, selon les gestionnaires.

Intégrité, responsabilité, pardon et compassion, « comme les principes que les parents apprennent à leurs enfants » – voilà les quatre critères que les CEO doivent remplir pour que leurs actions soient retenues dans l’ETF (fonds négocié en bourse) « Return of character » (« retour de caractère », un jeu de mots qui veut dire « retour financier sur le caractère » et « retour financier important ») de ROC Investments. L’idée est simple : les actions ajoutées dans ce fonds sont choisies en fonction du caractère du CEO de l’entreprise, annonce la société dans un communiqué.

Le fonds comportera entre 75 et 150 noms (des 1.000 entreprises les mieux cotées aux Etats-Unis), le caractère et leadership de dirigeants seront réévalués tous les ans. ROC se base sur des recherches de la firme de consultance KRW International, qui montrent que les entreprises de dirigeants avec des bonnes qualités de leadership et un bon caractère ont de meilleurs rendements, une meilleure collaboration des employés et moins de risques.

Deux grands absents

Qui sont donc les noms dont l’intégrité et le leadership sans failles ont marqué les gestionnaires du fonds? Markets Insider a pu inspecter le fonds de plus près, et deux noms surtout brillent par leur absence : Elon Musk et Mark Zuckerberg. C’est que les simagrées de Musk sur Twitter ne plaisent pas aux gestionnaires. Il a déjà été condamné en 2018 pour un tweet où il prétendait vouloir enlever Tesla de la bourse et en faire une compagnie privée à nouveau – une onde de choc sur le marché. Depuis, sa communication autour de Tesla doit recevoir l’aval d’une équipe de belles-mères juridiques, mais la SEC (gendarme boursier aux Etats-Unis) suppose que le fameux sondage « devrais-je vendre 10% de mes actions? » n’a pas été revu par ces avocats.

Meta n’en mène pas large, et Mark Zuckerberg est de plus en plus critiqué. Les revenus de Meta sont en baisse, et la société est à l’origine de quelques scandales comme Cambridge Analytica (l’utilisation non-consentie des données des personnes pour créer des profils politiques) et encore récemment les révélations de Frances Haugen. Les actions d’Alphabet (Google), Chevron et Bank of America sont également exclues.

D’autres grands noms du monde des affaires se retrouvent bien sur la liste, comme Tim Cook, Satya Nadella et Andy Jassy, PDG respectivement d’Apple, Microsoft et Amazon. L’investisseur star et PDG de Berkshire Hathaway, Warren Buffett, est également de la partie.

Cependant, la société sait que c’est un angle original pour constituer un fonds (souvent ils sont constitués de manière à suivre les indices boursiers, par exemple), et qu’elle pourrait ainsi passer à côté de certains investisseurs. Le fonds pourrait aussi avoir de moins bonnes performances, par moments, que d’autres fonds qui suivent d’autres critères. Une autre autocritique exposée par la société est que les actions proviennent aussi d’entreprises avec de plus petites capitalisations, et qui sont donc plus risquées.

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