La chute de Mark Zuckerberg : 500 milliards de dollars jetés par les fenêtres pour devenir Meta

Depuis l’été dernier, Meta, la société mère de Facebook, a vu s’évaporer plus de 500 milliards de dollars de sa valeur boursière. La faute à un siège impitoyable de la part des concurrents et des initiés, mais aussi à un effritement fatal de son modèle de revenus.

Nous assistons peut-être aux premières étapes de la chute de Mark Zuckerberg, milliardaire de la technologie et PDG de Meta, anciennement Facebook. Depuis que l’entreprise a atteint une valeur record en août, Meta a perdu un demi-billion de dollars en valeur. Près de la moitié de sa valeur boursière a fondu en une journée catastrophique, après que Meta ait dû déposer un rapport de résultats décevant.

Les conséquences pour Meta sont catastrophiques. Autrefois, Facebook était la sixième plus grande entreprise du monde. Aujourd’hui, Meta est en concurrence avec le fabricant de puces NVIDIA et le géant chinois de la technologie Tencent pour une place dans le top 10. Le colosse taïwanais des puces TSMC a définitivement dépassé Meta en termes de capitalisation boursière.

Mark Zuckerberg, qui aime à se comparer à l’empereur romain Auguste, perd peu à peu son pouvoir dominant sur le monde de la technologie et devra convaincre les utilisateurs que sa plateforme de métavers représente effectivement l’avenir. Mais comment se fait-il que l’empire de l’un des plus imposants magnats de la technologie s’effondre au moment même de son ambitieuse transformation ?

L’implosion du système publicitaire dominant de Facebook

Cette crise a pour cause le système de suivi des annonces de Facebook, qui était autrefois imbattable pour ses concurrents. La manière ingénieuse dont Facebook diffusait des publicités ciblées lui a permis de devenir une entreprise de 1 000 milliards de dollars.

Mais la machine publicitaire de Facebook a ensuite été battue par Apple et Google, qui l’ont rendue presque totalement inefficace. Ces entreprises technologiques ont récemment décidé de permettre aux utilisateurs de désactiver le code de Facebook destiné à suivre l’activité des gens sur l’internet. Cette décision fait suite à de nombreuses fuites internes par des lanceurs d’alerte au sein même de Facebook. L’entreprise aurait été parfaitement consciente de la nocivité des médias sociaux pour les jeunes et n’aurait rien fait pour y remédier.

L’implosion du système publicitaire s’est avérée désastreuse pour Meta. Selon le Wall Street Journal, tant d’agences de publicité ont quitté l’entreprise que Facebook n’est plus rentable. « Une ironie amère pour l’entreprise qui décide avec des règles opaques de ce qui apparaît sur les flux des utilisateurs et qui a causé la décimation d’un nombre incalculable de sites d’informations locales dans le monde », écrit le New York Magazine.

Pendant ce temps, TikTok, la version occidentale de la plateforme vidéo chinoise Douyin, qui enregistre désormais plus de pages vues par an que Google lui-même, s’approprie les nouveaux utilisateurs.

Il y a encore une chance que le pari de Zuckerberg soit payant

Pour l’instant, Zuckerberg reste un puissant milliardaire de la technologie. Selon Forbes, l’Américain de 37 ans détiendrait encore une fortune de 74 milliards de dollars. Meta, qui compte encore dans son portefeuille le populaire Instagram et l’application de messagerie WhatsApp, a enregistré un bénéfice total de 39 milliards de dollars l’an dernier.

Mark Zuckerberg s’est également concentré sur l’expansion du métavers, qui, selon lui, sera l’évolution interactive de l’internet. Meta veut que nous nous déplacions dans ce monde en grande partie par le biais de casques VR et d’avatars numériques. Mais la technologie ne suit pas vraiment derrière, au contraire de la révolution de l’internet mobile et des smartphones à l’époque.

En outre, il est toujours possible que Zuckerberg ait tout à fait raison et que nous nous promenions effectivement dans son métavers à l’avenir. Elon Musk a déjà déclaré qu’ignorer la puissance et le potentiel du métavers pourrait être aussi peu clairvoyant que d’ignorer l’essor de l’internet dans les années 1990.

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