Moderna promet des vaccins pour 15 des pathologies les plus mortelles, ainsi que pour la future pandémie majeure

On les a autant couverts de louange pour leur célérité que maudits pour leur appât du gain, réel ou supposé. Il n’empêche que les compagnies pharmaceutiques qui ont développé les vaccins contre le Covid-19 sont devenues, avec la pandémie, des actrices incontournables de nos vies quotidiennes. Et pour ces firmes aussi, il y a un monde après le virus : c’est le commencement d’une nouvelle ère d’ambition et de grands projets.

Ce lundi, la compagnie pharmaceutique Moderna, basée à Boston, a annoncé qu’elle allait se lancer dans un grand programme de développement de vaccins afin de lutter contre les fléaux les plus mortels ou les plus virulents que doit endurer l’humanité. La société de biotechnologies va s’attaquer aux quinze maladies considérées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme des cibles prioritaires, rapporte Forbes.

Les 15 fléaux dans le collimateur vaccinal

Parmi ces maladies hautement prioritaires pour lesquelles Moderna espère développer un vaccin efficace, on peut compter Ebola, le VIH, Zika et Nipah pour qui les expériences sont déjà en cours. Le Covid-19 figure également sur la liste, Moderna travaillant actuellement sur une dose de rappel spécifique à Omicron pour son présent vaccin, ainsi que sur un vaccin combiné Covid/grippe. Les maladies suivantes qui complètent la liste sont le virus du chikungunya, la fièvre hémorragique de Crimée-Congo, la dengue, le paludisme, la maladie du virus de Marbourg, la fièvre de Lassa, le MERS, la fièvre de la vallée du Rift, le syndrome de thrombocytopénie et la tuberculose.

La firme américaine imagine aussi développer des vaccins combinés, efficaces contre plusieurs maladies à la fois, et qui seront distribués dans les régions du monde où c’est considéré comme pertinent afin d’économiser de la place de fret et de favoriser le stockage réfrigéré. Moderna met d’ailleurs l’accent sur le développement de son activité dans les pays mal pourvus en laboratoires et en infrastructures médicales : la firme prévoit d’ouvrir une usine de fabrication d’ARNm au Kenya, avec pour objectif de produire 500 millions de doses de vaccin par an. Moderna s’efforce également d’être en mesure de terminer et de conditionner les vaccins Covid-19 en Afrique d’ici début 2023.

Prototypes personnalisés

Moderna a également annoncé qu’elle avait commencé à collaborer avec des chercheurs gouvernementaux et universitaires dans le cadre d’un programme appelé mRNA Access. Les participants à ce programme pourront développer leurs propres prototypes de vaccins avec les infrastructures mises à disposition par Moderna. « La commande arrive dans notre usine du Massachusetts, où nous fabriquerons le vaccin avec exactement la même technologie que le vaccin Covid-19 », explique le PDG de l’entreprise Stéphane Bancel. « Puis nous renvoyons par FedEx à ces laboratoires situés à l’autre bout du monde les vaccins qu’ils ont conçus sur ordinateur. »

Prendre de l’avance sur la grande maladie du futur

Le laboratoire de biotechnologie veut aussi prendre de lancer sur la future grande épidémie virale, une infection que l’OMS appelle la maladie X. Sous ce vocable mystérieux se cache en fait l’ensemble des maladies encore inconnues qui pourraient provoquer un jour une épidémie de grande ampleur dans l’espèce humaine, suite à une mutation d’un virus présent chez une autre espèce animale, par exemple.

En clair, Moderna se prépare déjà aux successeurs du Covid-19. « Nous devons travailler avec les meilleurs esprits du monde qui connaissent les virus afin de développer des vaccins », explique M. Bancel. « Si, Dieu nous en préserve, une épidémie commence ou même une pandémie, nous pourrons aller beaucoup plus vite que la dernière fois. »

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