Principaux renseignements
- Le ministre néerlandais des Finances, Eelco Heinen, préconise d’utiliser 210 milliards d’euros d’avoirs russes gelés pour financer la défense de l’Ukraine.
- L’UE est confrontée à une décision cruciale : financer l’effort de guerre de l’Ukraine ou risquer une victoire russe après quatre ans de conflit.
- Le prêt de 90 milliards d’euros approuvé pour l’Ukraine est insuffisant, ce qui nécessite des sources de financement supplémentaires et pourrait relancer le débat sur l’utilisation des avoirs russes gelés.
Selon Politico, les diplomates européens s’inquiètent de plus en plus que le prêt de 90 milliards d’euros accordé à l’Ukraine en décembre ne soit pas suffisant pour soutenir l’effort de guerre contre la Russie. C’est pourquoi certains voix s’élèvent pour demander la réouverture du débat sur Euroclear.
Le débat sur les avoirs gelés relancé
Le ministre néerlandais des Finances, Eelco Heinen, mène la charge pour rouvrir les discussions sur l’utilisation d’environ 210 milliards d’euros d’avoirs russes gelés afin de soutenir la défense de l’Ukraine l’année prochaine. Lors d’une réunion à huis clos des ministres des Finances de l’UE, Heinen a sollicité le soutien de ses homologues pour cette proposition.
La relance de ce débat ravive une controverse juridique, commerciale et politique complexe apparue à la fin de l’année dernière. La Belgique, sous la houlette du Premier ministre Bart De Wever, s’est fermement opposée au projet initial de la Commission européenne visant à utiliser les avoirs russes gelés pour financer l’Ukraine. Des inquiétudes ont également été exprimées par la Bulgarie, la France, l’Italie et Malte, tandis que la Banque centrale européenne a mis en garde contre les effets dissuasifs potentiels sur les activités futures dans la zone euro.
Besoin de financements supplémentaires
Malgré ces réserves, Heinen poursuit sa proposition, même si Bruxelles n’a encore versé aucun fonds provenant du prêt de 90 milliards d’euros convenu. Ce prêt est destiné à couvrir les deux tiers du déficit budgétaire prévu de l’Ukraine jusqu’en 2027, mais des financements supplémentaires seront nécessaires. La Commission européenne sollicite actuellement des contributions du Canada, du Royaume-Uni, des États-Unis et du Japon pour combler le déficit restant. Il n’est toutefois pas certain que les États-Unis s’engagent à fournir des ressources supplémentaires sous l’administration du président Donald Trump.
L’accord de prêt conclu in extremis en décembre a permis de répondre aux besoins financiers immédiats de Kiev. Toutefois, les diplomates et les responsables de la Commission reconnaissent que l’Ukraine aura besoin d’un soutien continu si la Russie poursuit sa campagne militaire. L’UE est confrontée à une décision cruciale : continuer à financer la défense de l’Ukraine ou risquer une victoire russe après quatre ans de guerre.
Pressions financières dans l’UE
Le conflit a mis à rude épreuve les finances publiques dans toute l’UE, une situation exacerbée par les répercussions économiques du conflit en Iran. L’UE pourrait envisager d’émettre une dette commune pour soutenir l’Ukraine, mais les pays d’Europe du Nord, dont les Pays-Bas, préfèrent exploiter les avoirs russes gelés – une approche que la Commission n’a jamais abandonnée.
Le déficit budgétaire de l’Ukraine est estimé à 71 milliards d’euros pour cette année et à 64 milliards d’euros en 2027, en supposant que la guerre prenne fin d’ici la fin de l’année, un scénario que beaucoup jugent peu probable. Les diplomates attendent les évaluations financières actualisées du Fonds monétaire international à la suite de sa mission à Kiev en juin.
Accord d’allocation de prêt
D’ici là, les responsables de la Commission s’attachent à finaliser un « protocole d’accord » avec Kiev sur la manière d’allouer le prêt de 90 milliards d’euros au cours des deux prochaines années. Le premier versement de 45 milliards d’euros est prévu pour juin, la Hongrie ayant levé son veto sur le prêt à la suite de la victoire électorale de Péter Magyar sur Viktor Orbán.
En amont de la réunion de l’Ecofin de mardi, Heinen a contacté plusieurs capitales de l’UE afin d’évaluer le soutien à sa proposition. L’Estonie, la Lettonie, la Lituanie et la Finlande ont exprimé leur soutien, tandis que d’autres sont restées silencieuses en raison du caractère sensible de la discussion l’année dernière. Ce débat devrait refaire surface d’ici la fin de l’année. (fc)
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