Meta et Twitter bannissent des comptes faisant de la propagande… occidentale : le Pentagone impliqué ?

Là où les comptes véhiculant de la propagande russe ou chinoise sont régulièrement pointés du doigt, les réseaux sociaux ne sont pas épargnés par la propagande venant de l’autre camp : l’Occident. Ainsi, Meta et Twitter ont indiqué avoir désactivé une multitude de comptes qui violaient leur réglementation.

Cet été, Meta (maison mère de Facebook et Instagram, notamment) et Twitter se sont attelés à chasser des comptes qui véhiculaient de la propagande « pro-occidentale » sur leurs plateformes depuis plusieurs années, ont-elles fait savoir ce mercredi.

Meta a indiqué que les personnes derrière ces comptes avaient eu un « comportement inauthentique coordonné », tandis que Twitter a expliqué que ces comptes avaient violé ses politiques en matière de manipulation des plateformes et de spam. Les données relatives à ces comptes ont ensuite été transmises à la société d’analyse des médias sociaux Graphika et au Stanford Internet Observatory pour analyse. Cela a débouché sur un rapport, consultable ici.

Anti-Chine, anti-Russie et pro-USA

« Cette activité représente le cas le plus important d’une opération d’influence secrète visant à promouvoir des récits pro-occidentaux qui ait été documenté publiquement à ce jour », a déclaré Jack Stubbs, vice-président de l’intelligence chez Graphika. « Cela montre qu’au-delà des acteurs bien connus liés à la Russie, à la Chine et à l’Iran, d’autres groupes aux motivations différentes utilisent les mêmes tactiques trompeuses dans leurs tentatives d’infiltrer et d’influencer les communautés en ligne. »

Après analyse, il apparaît que ces comptes ne se sont pas lancés dans une grande opération de promotion de l’Occident, mais plutôt dans une série de campagnes bien ciblées. Celles-ci étaient adressées à des utilisateurs provenant du Moyen-Orient et d’Asie centrale.

Parmi les thématiques abordées, il y a notamment eu la guerre en Ukraine (et les potentielles atrocités commises par les soldats russes), les relations entre la Russie et les Talibans (après que ces derniers ont repris le pouvoir en Afghanistan, en août 2021), le fait que la Chine ignore des violations présumées des droits de l’Homme perpétrées sur ses terres (surtout vis-à-vis des Ouïghours) ou encore de multiples critiques envers le gouvernement iranien. Dans l’autre sens, ces comptes auraient éfalement véhiculé de nombreux messages louant la politique étrangère occidentale.

Pour faire passer leurs messages, les comptes usaient de faux personnages aux visages générés aléatoirement (des visages n’existant pas dans la vraie vie), se faisaient passer pour des médias indépendants, relayaient des mèmes et publiaient vidéos de courte durée. Les personnes derrière ces comptes ont aussi « tenté de lancer des campagnes de hashtag et des pétitions en ligne – autant de tactiques observées dans des opérations passées par d’autres acteurs », expliquent les chercheurs.

Pour promouvoir leurs histoires, « les comptes ont parfois partagé des articles de presse provenant de médias financés par le gouvernement américain, tels que Voice America et Radio Free Europe, ainsi que des liens vers des sites Web parrainés par l’armée américaine », ajoutent-ils.

Un lien avec le gouvernement américain ?

D’après Meta, les auteurs de ces campagnes étaient probablement basés aux États-Unis et au Royaume-Uni. Jusqu’à présent, les chercheurs n’ont toutefois pas encore réussi à déterminer avec précision si ces comptes étaient pilotés par un gouvernement ou une organisation connue. Toutefois, certains indices pointent vers l’implication potentielle du Pentagone, selon le rapport.

Les chercheurs ont ainsi pu établir un lien entre certains comptes Twitter incriminés – actifs de 2012 à cette année – et la Trans-Regional Web Initiative, une campagne du gouvernement américain de l’ère Obama gérée par l’armée américaine puis supprimée par le Congrès car considérée comme inefficace.

Il apparaît toutefois que ces différentes campagnes n’aient pas eu l’effet escompté. « La grande majorité des posts et des tweets que nous avons examinés n’ont pas reçu plus d’une poignée de likes ou de retweets, et seulement 19 % des actifs clandestins que nous avons identifiés avaient plus de 1 000 followers », ont observé les chercheurs.

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