L’US Air Force planche sur un énorme hydravion quadrimoteur pour infiltrer des forces spéciales dans le Pacifique

L’US Air Force avait renoncé aux hydravions depuis 1967, et l’armée américaine en 1983. Mais l’aviation des États-Unis fait machine arrière et ressuscite l’idée d’une version amphibie du C-130. Un avion qui servira à déployer aisément des forces spéciales dans les îles et sur les côtes du Pacifique. Et la Chine a sans doute eu la même idée.

S’ils rendent encore de bons services dans l’aviation civile, ou dans le domaine du secourisme, les hydravions n’ont plus bonne presse dans le domaine militaire depuis les années 1940. Les flotteurs nuisent fortement à l’aérodynamisme, les portes-avions et autres navires capables d’embarquer des aéronefs rendent moins pertinent l’usage d’avions capables d’amerrir puis de décoller depuis un plan d’eau. Pourtant, l’US Air Force vient de se lancer dans un nouveau projet d’avion maritime, et pas des moindres ; il s’agit de rendre capable d’amerrir un MC-130J, soit la version adaptée aux forces spéciales de l’emblématique quadrimoteur de transport C-130 Hercules, bien connu en Belgique.

Hercules, prêt à tout

L’idée de transformer un avion de transport classique en appareil amphibie n’est pas neuve : Lockheed Martin, le producteur du C-130 Hercules travaille dessus depuis les années 1960. mais contrairement à de nombreuses autres version de « l’avion aux 12 travaux » (radar, attaque au sol, poste de commandement aérien…) celle-ci n’avait jamais vu le jour.

Le nouvel avion sera baptisé MAC [MC-130 Amphibious Capability] et consistera en un MC-130J Commando II équipé d’un double flotteur amovible sous sa carlingue afin de pouvoir amerrir puis redécoller en pleine mer ou à proximité des côtes. Le MAC bénéficiera aussi de systèmes de navigation et de radar avancés pour opérer discrètement en zone hostile. Un projet dont le coût est estimé à 114 millions de dollars (environ 97 millions d’euros)

Pour le lieutenant-colonel Josh Trantham, chef adjoint de la division science, systèmes, technologie et innovation de l’AFSOC, l’utilité du MAC ne fait aucun doute : « Il permet à l’armée de l’air d’accroître le placement et l’accès pour l’infiltration, l’exfiltration et la récupération du personnel, ainsi que de fournir des capacités logistiques améliorées. Un avion amphibie vous permet d’atteindre des zones qui sont autrement difficiles d’accès. Ils peuvent également soutenir les navires qui sont bloqués en mer ou simplement s’ils ont besoin de se connecter à un navire en mer où il n’y a pas de piste d’atterrissage. »

La conquête des îles

Évidemment, ce n’est pas pour la pêche à l’espadon que l’aviation américaine développe un engin pareil : le MAC aura un rôle à jouer dans les tensions croissantes dans la zone indo-pacifique et ses nombreux archipels. Cet hydravion pour aisément et discrètement déployer des forces spéciales, pour leur permettre une évacuation rapide, une fois leur mission accomplie.

Ce n’est pas un hasard si l’US Air Force s’intéresse à nouveau aux hydravions, alors que le dernier en service dans l’armée américaine (chez les garde-côtes) a pris sa retraite en 1983. Car l’aviation américaine n’est pas la seule : la Chine a dévoilé l’AG600, le plus grand hydravion du monde. Officiellement il s’agit d’un bombardier d’eau et de sauvetage maritime. Mais il est de notoriété publique que Pékin ne perd jamais de vue le potentiel militaire des engins civils.

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