L’opinion publique belge est clairement contre l’indice pivot


Principaux renseignements

  • Jeudi, le Parlement vote la « loi-programme » qui comprend notamment l’indice pivot et la réforme du système des pensions.
  • Il ressort de « L’enquête nationale », le sondage annuel de la VRT, de la RTBF et de De Standaard, réalisé par l’UA et la VUB, que 2 Belges sur 3 ne peuvent pas se rallier à l’indice pivot.
  • Au sein du gouvernement, l’indice pivot suscite des frictions, avec surtout Sammy Mahdi (cd&v) comme principal opposant.

Jeudi, le Parlement fédéral vote la « loi-programme », le regroupement des accords budgétaires dont font notamment partie la réforme des pensions, la baisse des accises sur l’électricité et l’indice pivot. Ces dernières semaines, l’indice pivot a beaucoup fait parler d’elle, après que le Groupe des 10 a proposé une alternative sociale. L’opinion publique sur l’indice pivot est plutôt négative, avec environ 2 Belges sur 3 qui y sont opposés. Les partis de gouvernement Arizona ne sont pas sur la même longueur d’onde.

Opinion publique sur l’indice pivot

Avec le sondage « L’enquête nationale », la VRT, la RTBF et De Standaard mesurent les préférences politiques et les préoccupations sociétales des Belges. Il s’agit d’une enquête annuelle menée par l’Université d’Anvers et l’Université libre de Bruxelles. Le sondage a été réalisé en mars 2026. Selon ce rapport, l’indice pivot ne parvient pas à séduire le cœur des Belges. En Flandre, moins d’1 personne sur 3 est d’accord avec cette mesure. À Bruxelles et en Wallonie, seul un quart des habitants se dit favorable à la non-indexation des hauts salaires.

L’indice pivot a suscité des réactions mitigées dès le départ. Au début, les employeurs y étaient ouverts, car il promettait des économies de coûts. L’obligation de partager la moitié de ces économies avec l’État via des cotisations sociales plus élevées a toutefois tempéré leur enthousiasme. Les syndicats, qui s’opposent systématiquement à toute intervention dans l’indexation, se sont alliés aux organisations patronales au sein du soi-disant Groupe des 10 pour proposer une solution qui supprimerait l’indice pivot dans le secteur privé, mais le maintiendrait pour les travailleurs du secteur public.

D’avant en arrière

Le Groupe des 10 est venu avec une alternative, mais celle-ci s’est avérée initialement insuffisante selon un rapport de la Cour des comptes. Le Groupe des 10 ne s’en est pas tenu là et a rapidement proposé un calcul alternatif, qui, lui, tombait juste. Après de nombreux allers-retours avec différents rapports, qui contenaient des conclusions divergentes quant à savoir si cette alternative rapporterait suffisamment, le Premier ministre Bart De Wever n’a pas été convaincu de la viabilité de l’alternative sociale. L’alternative a ainsi été définitivement écartée.

Au sein d’Arizona, il subsistait toutefois un désaccord sur l’indice pivot. Le président du cd&v, Sammy Mahdi, était en réalité favorable à la proposition alternative et a appelé à plusieurs reprises à suivre le Groupe des 10. Il a toutefois vite constaté qu’il était seul face à ses collègues. Mahdi a indiqué plus tôt cette semaine qu’il concède sa défaite et que le cd&v ne bloquera pas aujourd’hui le vote au parlement. Le chrétien-démocrate a toutefois encore l’intention de remettre l’indice pivot sur la table lors du prochain exercice budgétaire.

Autres résultats de « L’enquête nationale»

« L’enquête nationale » interroge chaque année sur toute une série de sujets politiques. D’autres résultats marquants aboutissent néanmoins à un bulletin mitigé pour le gouvernement de Bart De Wever. Ainsi, le soutien à l’augmentation obligatoire du budget belge de la défense à 5 pour cent du PIB a fortement diminué. L’an dernier, l’objectif de l’OTAN était encore de 2 pour cent, mais le soutien à une hausse était bien plus marqué. En Flandre, ce soutien est passé de 71 à 54 pour cent. En Wallonie et à Bruxelles, il est tombé sous les 50 pour cent. Toujours selon « L’enquête nationale », il y a aussi peu d’enthousiasme pour une hausse de la TVA et pour la réforme des pensions.

Il y a aussi de bonnes nouvelles pour le gouvernement. Des contrôles plus stricts des malades de longue durée sont largement soutenus dans toutes les régions du pays. En Flandre, même plus de 4 personnes sur 5 approuvent cette mesure. La réforme de la pension des fonctionnaires est, contrairement à la réforme générale, accueillie positivement.

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