Y aura-t-il une alternative à l’indice centime près ? Le cd&v y est en tout cas favorable

Les premiers salariés vont bientôt ressentir les effets de l’indexation sur les salaires. Les salariés et les syndicats ont saisi cette occasion, en début de semaine, pour critiquer ce nouveau dispositif. Ils réclament la mise en place d’un autre système. Le cd&v leur prête désormais une oreille attentive.


Principaux renseignements

  • L’indice centime entrera en vigueur dès que l’indice pivot sera dépassé et permettra de limiter la hausse des salaires (supérieurs à 4 000 euros bruts). Certains secteurs en ressentiront bientôt les effets.
  • Les syndicats et les employeurs s’opposent à cette mesure et ont élaboré une alternative au sein du Groupe des Dix, notamment en modifiant la prise en compte des prix de l’énergie dans l’indice.
  • Le cd&v est ouvert à cette alternative, qui va désormais être examinée plus en détail par le gouvernement.

Contexte : l’indice pivot a été dépassé en décembre. Cela signifie que les salaires sont adaptés à la hausse du coût de la vie. La manière dont cela se fait dépend de la commission paritaire dont vous dépendez.

  • Les employés (CP 200), par exemple, bénéficient d’une indexation salariale en début d’année. Ils sont alors indemnisés pour la hausse du coût de la vie de l’année écoulée.
  • Certains secteurs verront leurs salaires augmenter dès les prochains mois. C’est le cas, par exemple, en juillet pour la construction (comité paritaire 124), l’ameublement et le travail du bois (CP 126) et les travaux techniques agricoles et horticoles (CP 132). Ces travailleurs font partie des premiers Belges à être concernés par l’indexation au centime près.
  • Ceux qui gagnent plus de 4 000 euros bruts verront leur salaire augmenter moins que d’habitude. Concrètement, tout ce qui dépasse ce plafond ne sera pas indexé. L’indexation au centime près sera appliquée à deux reprises : en 2026 (ou en 2027 pour ceux dont l’indexation n’aura lieu qu’à ce moment-là) et en 2028.

Les partenaires sociaux proposent une alternative

Mais : l’indexation au centime près ne satisfait ni les syndicats ni les employeurs.

  • « L’indexation au centime près est très complexe et risquait, à long terme, de coûter davantage aux employeurs en raison d’une cotisation de sécurité sociale valable sans limite de temps, y compris pour les nouveaux employeurs et les nouveaux salariés qui ne sont pas concernés par l’indexation au centime près », explique Bart Buysse, administrateur délégué de l’UNIZO.
  • Les organisations patronales et les syndicats au sein du Groupe des Dix ont donc élaboré un dispositif alternatif.
    • Une première mesure consiste à lisser l’inflation des prix de l’électricité et du gaz naturel sur douze mois. Aujourd’hui, les hausses soudaines des prix de l’énergie se traduisent directement par une augmentation des coûts salariaux pour les employeurs. Cela explique pourquoi l’inflation a soudainement bondi en 2022. La guerre en Ukraine a fait flamber les prix de l’énergie. « En lissant les pics sur une période plus longue, les fluctuations extrêmes sont atténuées, tant à la hausse qu’à la baisse. Résultat : un indice qui réagit de manière moins erratique, qui a un effet modérateur et limitateur et qui donne plus de marge de manœuvre aux entreprises », explique-t-on.
    • Par ailleurs, les partenaires sociaux souhaitent que l’indice reflète mieux la réalité des contrats d’énergie. Aujourd’hui, seuls les prix des nouveaux contrats apparaissant sur le marché sont pris en compte. « En période d’inflation énergétique, ceux-ci sont bien sûr plus chers. Mais dans la pratique, de nombreux ménages ont encore des contrats en cours (à des prix plus bas). En les incluant également dans le calcul, on évite que l’indice augmente plus vite que ce qui est effectivement payé. Cela donne une image plus juste et plus réaliste des coûts énergétiques réels », précise Buysse.

Le cd&v estime que la proposition du Groupe des Dix mérite d’être examinée

Dans l’actualité : le président du cd&v, Sammy Mahdi, fait savoir que l’alternative proposée à l’indice centime mérite d’être prise en considération.

  • « Si les employeurs et les syndicats ont effectivement une alternative qui rapporte autant au budget, pourquoi ne pas l’envisager ? », déclare-t-il.
  • Le vice-Premier ministre et ministre de l’Emploi David Clarinval (MR) a indiqué que cette alternative serait examinée par le Bureau du Plan et l’ONSS. Sur cette base, le cabinet restreint du gouvernement fédéral prendra position.

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