L’Italie élue « pays de l’année » par The Economist: « Enfin un Premier ministre compétent »

Chaque année, le célèbre magazine britannique The Economist élit un « pays de l’année ». Pour 2021, cet honneur revient à l’Italie. Elle succède au Malawi.

La politique italienne n’a pas la meilleure réputation. Mais cette année, la donne a changé. C’est en tout cas ce que souligne The Economist, en élisant l’Italie « pays de l’année ». Une récompense que le magazine attribue tous les 365 jours au pays qui, selon lui, s’est « le plus amélioré » au cours de l’année écoulée.

« The Economist a souvent critiqué l’Italie pour avoir choisi des dirigeants, tels que Silvio Berlusconi, qui auraient pu suivre l’admonition de la chanson gagnante de l’Eurovision Zitti e Buoni (Tais-toi et tiens-toi bien) », écrit le magazine. « En raison d’une mauvaise gouvernance, les Italiens étaient plus pauvres en 2019 qu’ils ne l’étaient en 2000. Pourtant, cette année, l’Italie a changé. »

Draghi et la campagne de vaccination mis en lumière

Tout le mérite en revient à Mario Draghi, devenu Premier ministre (ou, pour être tout à fait précis, Président du Conseil des Ministres), en février dernier, souligne The Economist. Le magazine voit en l’ancien président de la BCE un responsable politique « compétent et respecté à l’échelle internationale ».

The Economist envoie même ses félicitations à l’ensemble du gouvernement Draghi. « Pour une fois, une large majorité de ses hommes politiques ont enterré leurs divergences pour soutenir un programme de réformes en profondeur qui devrait permettre à l’Italie d’obtenir les fonds auxquels elle a droit dans le cadre du plan de relance post-pandémie de l’UE », souligne-t-il.

Le magazine économique émet toutefois une crainte vis-à-vis du souhait de M. Draghi de devenir président, « un poste plus cérémonieux ». Le risque: il pourrait « être remplacé par un Premier ministre moins compétent ».

Dans une année marquée par l’arrivée des vaccins contre le Covid-19, le magazine tire aussi son chapeau aux Transalpins. 85,17% de la population âgée de 12 ans et plus a déjà reçu deux doses. Un des taux les plus élevés du Vieux Continent. Côté booster, l’Italie est également bien partie: environ 13 millions de personnes ont reçu une troisième dose, soit 63,98% des personnes pouvant y prétendre.

« Il est difficile de nier que l’Italie d’aujourd’hui est un meilleur endroit qu’elle ne l’était en décembre 2020 », conclut The Economist.

Mention pour les Samoa, la Zambie, la Moldavie et la Lituanie

Dans son article, The Economist tire aussi son chapeau à quelques autres pays, qui n’ont pas été loin de damer le pion à l’Italie.

Les Samoa d’abord, où « les tribunaux ont désamorcé une crise constitutionnelle, mis à la porte le parti au pouvoir depuis 33 ans et un Premier ministre qui prétendait avoir été choisi par Dieu, et installé un réformateur, la première femme à occuper ce poste ».

La Moldavie ensuite. Elle a « longtemps été un puits de blanchiment d’argent russe », note The Economist. « Mais à la fin de 2020, elle a élu à la présidence Maia Sandu, une femme qui lutte contre la corruption, et en 2021, elle a donné à son parti le contrôle du Parlement ».

La Zambie est également mise en lumière pour avoir « reconquis sa démocratie », alors que le pays était « corrompu et ruiné » il y a un an. « En août, ses dirigeants ont tenté de truquer une élection, mais les Zambiens ont voté pour Hakainde Hichilema, un homme d’affaires libéral, avec une telle majorité que le trucage a échoué », raconte le magazine. Depuis, le gouvernement zambien a « conclu un accord avec le FMI, a promis de réduire les subventions inutiles sur le carburant et l’électricité et a commencé à enquêter sur la corruption ».

Enfin, la Lituanie a elle aussi à une belle part du gâteau octroyé par The Economist. Le magazine félicite le fait qu’elle a défié la Chine en laissant Taïwan ouvrir un bureau de représentation à Vilnius et qu’elle a conseillé à ses citoyens de jeter les smartphones de fabrication chinoise, après que ses espions ont découvert ce qu’ils considèrent être un logiciel de censure qui peut être activé sans avertissement. La Lituanie a aussi tenu tête à des régimes autoritaires voisins, tels que ceux de la Russie et de la Biélorussie, en offrant l’asile à leurs dissidents politiques. Et notamment à Svetlana Tikhanovskaïa qui, sans fraude, aurait probablement remporté les élections face à Alexandre Loukachenko.

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