Principaux renseignements
- L’Iran a rétabli des restrictions dans le détroit d’Ormuz en raison du blocus américain actuel imposé au transport maritime iranien.
- Le contrôle du détroit, artère vitale pour le transport mondial de pétrole, constitue un levier de négociation essentiel pour l’Iran dans ses pourparlers avec les États-Unis.
L’Iran a rétabli samedi les restrictions dans le détroit d’Ormuz. C’est ce qu’ont annoncé les forces armées iraniennes, selon l’agence de presse iranienne Fars. La réintroduction du blocus intervient après que les États-Unis ont déclaré qu’ils ne lèveraient pas le blocus sur la navigation iranienne. Cette décision a été prise malgré l’annonce préalable de l’Iran selon laquelle le détroit avait été entièrement rouvert au trafic commercial après un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah.
Changement de contrôle
Le commandement militaire interarmées iranien a déclaré samedi que le contrôle du détroit était revenu à la situation antérieure. Celui-ci est désormais à nouveau sous la gestion et le contrôle stricts des forces armées. L’Iran a promis de continuer à bloquer le passage dans le détroit tant que le blocus américain des ports iraniens restera en vigueur.
Ce revirement fait suite à la déclaration du président américain Donald Trump selon laquelle le blocus américain se poursuivrait jusqu’à ce que l’Iran parvienne à un accord avec les États-Unis. Le conflit autour de cette voie navigable menace d’aggraver à nouveau la crise énergétique mondiale, alors que les prix du pétrole ont commencé à baisser vendredi.
Impact énergétique mondial
Environ un cinquième du pétrole mondial transite par le détroit d’Ormuz, et de nouvelles restrictions auraient un impact considérable sur des stocks déjà limités. Le contrôle du détroit a constitué un moyen de pression important pour l’Iran. Cela a incité les États-Unis à déployer des troupes et à mettre en place un blocus des ports iraniens afin de contraindre l’Iran à accepter un cessez-le-feu.
Malgré la trêve de dix jours entre Israël et le Hezbollah, de hauts responsables iraniens ont déclaré que l’annonce de Trump était contraire à l’accord de cessez-le-feu. Ils ont averti que le détroit ne resterait pas ouvert si le blocus américain se poursuivait. Les données de la société d’analyse de données Kpler ont révélé que le trafic dans le détroit restait limité à des couloirs nécessitant l’autorisation de l’Iran. Selon le Commandement central américain, 21 navires auraient été renvoyés en Iran depuis l’entrée en vigueur du blocus lundi.
Le Liban et Israël
Le cessez-le-feu au Liban a soulevé des questions quant au respect par le Hezbollah d’un accord dont il n’avait pas participé aux négociations. Selon Trump, il était « interdit » à Israël de mener de nouvelles attaques contre le Liban. Le département d’État américain a toutefois précisé que cette interdiction ne s’appliquait qu’aux attaques offensives et non aux actions de légitime défense.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a reconnu qu’Israël avait accepté le cessez-le-feu à la demande de Trump. Il a toutefois déclaré que la campagne contre le Hezbollah n’était pas encore terminée. Netanyahu a indiqué qu’Israël avait détruit 90 % des stocks de roquettes du Hezbollah. Mais il a ajouté que l’armée israélienne « n’avait pas encore fini » de démanteler l’organisation.
Nombreuses victimes
La fin de la guerre entre Israël et le Hezbollah était une exigence majeure des négociateurs iraniens. Ceux-ci ont accusé Israël d’avoir violé le cessez-le-feu de la semaine dernière en lançant des attaques contre le Liban. Au total, les combats ont fait de nombreuses victimes : plus de 3 000 en Iran, plus de 2 290 au Liban, 23 en Israël et plus d’une douzaine dans les États arabes du Golfe. Treize militaires américains ont également perdu la vie. (ev)
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