L’exploration spatiale pourrait provoquer l’invasion de la Terre, avertissent des chercheurs

Des organismes extraterrestres pourraient profiter du passage de nos engins spatiaux dans l’espace pour voyager jusqu’à nous, contaminant ainsi la Terre. Si le risque est faible, il est pourtant bien présent.

De nombreux films de science-fiction nous mettent en garde depuis des années sur l’exploration spatiale, mais aussi, et surtout, sur l’étude d’organismes extraterrestres. Si dans la plupart de ces films, ces échantillons ont la bienveillance de démontrer toute leur dangerosité à bord des vaisseaux spatiaux censés les ramener sur Terre, dans la réalité, cela pourrait se passer autrement. Ils pourraient en effet s’agripper aux fusées et autres navettes spatiales à l’insu des astronautes et autres explorateurs de l’espace et ainsi se retrouvent sur notre planète avec des conséquences potentiellement désastreuses.

Un risque accru…

Avec la « démocratisation » – les guillemets ont leur importance – des voyages spatiaux grâce aux entreprises privées telles que Blue Origin, Virgin Galactic ou encore SpaceX, les voyages dans l’espace vont devenir de plus en plus nombreux et réguliers, augmentant ainsi les chances que des organismes extraterrestres envahissent la Terre, alertent des scientifiques dans un nouvel article. L’inverse est évidemment possible. D’ailleurs, nombreux sont ceux qui s’inquiètent que l’exploration spatiale par l’Homme puisse entrainer la contamination d’autres planètes.

« La recherche de la vie au-delà de notre monde est une entreprise passionnante qui pourrait aboutir à une énorme découverte dans un avenir pas si lointain », a déclaré Anthony Ricciardi, professeur de biologie des invasions à l’Université McGill à Montréal et auteur principal de l’étude, à Live Science. « Cependant, face à l’augmentation des missions spatiales (y compris celles destinées à renvoyer des échantillons sur Terre), il est crucial de réduire les risques de contamination biologique dans les deux sens. »

Le crash du vaisseau spatial israélien Beresheet sur la lune en 2019 est la preuve qu’une contamination biologique interplanétaire est possible. L’appareil transportait en effet des tardigrades, des animaux microscopiques capables de survivre à des conditions extrêmes. Si le crash à lui seul les a certainement tués, l’incident démontre qu’une contamination interplanétaire est possible puisque les bestioles microscopiques auraient pu se répandre sur l’astre. Les organismes extraterrestres ramenés sur Terre dans un vaisseau spatial pourraient s’échapper en cas de crash sur notre planète.

… mais faible

Les scientifiques estiment cependant que le risque de contamination interplanétaire reste faible, malgré des vols spatiaux en hausse, et ce, tout simplement parce que chaque voyage (aller ou retour) implique de passer par l’espace, un environnement défavorable à toute forme de vie. Si des bactéries extraterrestres venaient à s’accrocher à l’un de nos vaisseaux, leur survie jusqu’à la Terre serait donc plus qu’incertaine.

Cependant, malgré le risque particulièrement faible que cela se produise, les chercheurs estiment que cette possibilité doit être sérieusement étudiée, en raison du fait qu’une contamination extraterrestre pourrait avoir des conséquences particulièrement néfastes sur Terre, souligne Ricciardi.

L’histoire a déjà prouvé que l’exploration de terres inconnues pouvait avoir des effets négatifs tant sur les explorateurs que sur les indigènes, la faune et la flore sur place, ainsi que lors du « retour au pays ». Une logique qui peut valoir pour les voyages dans l’espace.

« Nous soutenons que les planètes et les lunes contenant potentiellement de la vie devraient être traitées comme s’il s’agissait de systèmes insulaires », à savoir des lieux géographiquement isolés sur Terre dont l’écosystème est particulièrement vulnérable aux envahisseurs (humains, plantes, bactéries, etc.), a déclaré Ricciardi.

Renforcer les protections

Bien que de nombreuses politiques de protection planétaire sont en place depuis de nombreuses années, le scientifique estime que « des risques sans précédent sont posés par une nouvelle ère d’exploration spatiale visant à cibler les zones les plus susceptibles de contenir la vie ». Des mesures supplémentaires doivent donc venir renforcer les protocoles de biosécurité associés aux voyages dans l’espace. Des plans doivent être élaborés pour répondre de manière rapide à une détection de contamination extraterrestre.

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