L’Europe pourrait finalement gagner la course aux vaccins

Ursula von der Leyen et Alexander De Croo lors de leur visite du site Pfizer à Puurs. (Frederic Sierakowski / Isopix / pool Doppagne)

Les pays de l’Union européenne battent chaque jour les records de vaccination. Après des mois de pénuries d’approvisionnement et de maladresses embarrassantes, la campagne européenne de vaccination contre le coronavirus est enfin lancée à plein régime. Cela, ajouté à une plus grande volonté des Européens de se faire piquer, pourrait permettre à l’Europe d’atteindre les 70% de couverture immunitaire plus rapidement que les autres. Aux États-Unis, les nuages ​​sombres s’amoncellent désormais.

La volonté du public américain de se faire vacciner contre Covid a déjà atteint son point de saturation. Les États-Unis ont rapidement vacciné en masse. Un peu moins de 150 millions d’Américains ont maintenant reçu une première dose et 110 millions ont été entièrement vaccinés. Cela représente respectivement 45% et 33% de la population.

Le problème est que, contrairement à l’Europe, la majorité d’entre eux ont moins de 65 ans. 42% des Américains âgés de 18 à 65 ans ont maintenant été entièrement vaccinés (un peu moins de 110 millions). 57% de ce groupe d’âge ont reçu un premier vaccin. Et ce chiffre pourrait ne plus augmenter de façon spectaculaire. D’à peine 9% selon les sondages.

Les deux tiers (66%) des Américaines déclarent avoir été vaccinées ou le seront dès que possible, contre 63% des hommes. Cela signifie que l’immunité de groupe initialement prévue à 70% ne sera pas atteinte. Un nouveau problème est apparu cette semaine: bien que le vaccin de Pfizer, entre autres, soit bientôt approuvé pour une utilisation chez les enfants, 2 parents américains sur 3 semblent déjà convaincus qu’ils ne feront pas vacciner leur progéniture contre le Covid-19. Environ un quart des parents sont catégoriques, affirmant même qu’ils garderont leurs enfants à la maison si l’école demandait une vaccination obligatoire.

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La volonté de vacciner en Europe est plus grande et croissante

En Europe, la volonté de se faire vacciner est plus élevée ou – comme en Flandre – considérablement plus élevée. Même dans les pays où le scepticisme est le plus grand, comme la France, l’état d’acceptation a plus que doublé ces derniers mois. C’est également le cas dans les pays d’Europe de l’Est. Toutefois, malgré une amélioration globale dans la plupart des pays, il reste un noyau dur d’environ un quart de la population qui hésite à se faire vacciner, avec des niveaux plus élevés de scepticisme anti-vax en Lituanie (30%), en Lettonie (35%), en Roumanie (49%) et la Bulgarie (55%).

Cependant, tout bien considéré, il semble très probable qu’en Europe (tout comme au Royaume-Uni, d’ailleurs) le seuil de 70% sera atteint sans heurts. Et cela se produira probablement dans le délai initial.

L’Union européenne administre désormais à peu près le même nombre de doses quotidiennes par habitant que les États-Unis, avec une tendance à la hausse tandis que l’Amérique est sur une tendance à la baisse. Le bloc européen doit en partie ce revirement à sa dépendance au vaccin de Pfizer-BioNTech, qui a augmenté la production de vaccins.

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Le taux de doses quotidiennes en France, qui utilise principalement Pfizer, a augmenté de 60% le mois dernier. L’Italie a accéléré de 90%, l’Allemagne de 145%. En Belgique aussi, un nouveau record a été établi avec 681.000 doses administrées rien que pour la semaine dernière. Le temps d’encoder les dernières vaccinations, le total pourrait même grimper à 720.000 doses administrées.

Rattraper son retard

Cela dit, les coûts d’un démarrage lent se font encore sentir. Une troisième vague a frappé le continent vers la fin de l’hiver, entraînant des dizaines de décès évitables parmi les personnes âgées non vaccinées. Les lockdowns ont entraîné une contraction de l’économie de l’UE au cours des trois premiers mois de l’année. Pendant tout ce temps, les dirigeants du continent étaient en guerre contre AstraZeneca, la société pharmaceutique qui a rompu ses promesses de livraison, dont le vaccin était initialement censé jouer un rôle de premier plan dans la campagne.

Mais la donne a changé. Il y aura beaucoup de vaccins. Pfizer a annoncé qu’il délivrerait 250 millions de doses au cours du deuxième trimestre, soit une multiplication par quatre par rapport aux trois premiers mois. L’Union européenne s’attend à ce que les stocks augmentent encore. Et après le délai pour évaluer les préoccupations concernant les formes rares de caillots sanguins, le déploiement du vaccin à usage unique de Johnson & Johnson va pouvoir s’effectuer à plein régime.

Deux autres promesses pourront sans doute permettre de nous passer d’AstraZeneca à plus long terme: un vaccin, fabriqué par la société allemande CureVac, pourrait être approuvé prochainement. Il sera également largement produit dans notre pays. Le vaccin CureVac est similaire au vaccin produit par Pfizer et Moderna de par son utilisation de la technologie de l’ARNm. L’autre promesse est le Novavax, le vaccin qui est devenu le nouveau chouchou aux États-Unis.

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