L’État islamique a lancé une plateforme de chat et un service de cloud pour les terroristes

AP Photo/Hussein Malla, File/Isopix

Le groupe islamiste de cybersécurité Electronic Horizons Foundation, une branche de l’État islamique, a créé sa propre plateforme avec un service de cloud et une messagerie instantanée pour ses membres. Cette plateforme va permettre aux membres de diffuser plus facilement les messages de propagandes, mais aussi de tenir les rangs serrés en interne.

À première vue, Electronic Horizons Foundation (EHF) semble être un nom courant pour une entreprise technologique tout à fait normale. Mais rien n’est moins vrai. La fondation fait partie intégrante de l’État islamique. Elle a été fondée en 2016 pour aider les membres à se cacher des autorités occidentales.

EHF expliquait les principes de cybersécurité aux membres et aux futures recrues dans des revues en ligne. Toute sorte de conseils liés à l’informatique y sont expliqués et des applications sont vivement recommandées. La dernière revue date de mai dernier. Elle comptait pas moins de 34 pages, disponibles en anglais et en arabe.

Pour aller un pas plus loin, EHF a créé très récemment sa propre plateforme de communication et de partage de fichiers. ‘Compte tenu des développements récents dans les médias et des restrictions croissantes des entreprises technologiques sur le contenu, nous avons dû fournir nos propres solutions pour créer un espace pour les adeptes et la communauté musulmane’, explique l’entreprise, qui ne tient même pas à se cacher.

À l’heure actuelle, on ne sait pas à quoi ressemble la ‘Horizons Cloud Platform’, qui doit devenir une référence dans le monde terroriste.

Réseaux sociaux et Telegram

La plupart des informations que nous avons sur cette plateforme viennent du Middle East Media Research Institute. Cette organisation américaine est une association à but non lucratif et un groupe de réflexion. Elle est présente à Washington, à Berlin et à Jérusalem. L’information a ensuite été récupérée par Homeland Security Today, qui gère des solutions numériques aux États-Unis.

Nous savons avec certitude que l’EI utilise depuis un certain temps des applications de messagerie sécurisées telles que Telegram pour communiquer. Lorsqu’ils ont été bannis de Twitter, les partisans de l’État islamique espéraient pouvoir continuer leurs échanges sur la plateforme russe. En 2015, l’application avait déjà annoncé qu’elle veillerait à ce que du contenu illégal ne soit pas partagé sur son réseau. La correspondance de l’EI en fait partie.

Les outils numériques de l’EI

Voici quelques autres plateformes que les membres de l’organisation terroriste utilisent beaucoup :

  • Nextcloud: cette plateforme allemande permet de transférer des fichiers multimédias. ‘Attention de ne pas télécharger des documents personnels’, prévient l’EHF.
  • Protonmail ou Tunota: ce sont les deux hébergeurs de mails les plus recommandés par l’organisation. Les applications sont même utilisées par les journalistes pour sécuriser leur conversation, quand cela est nécessaire.
  • Tor: le navigateur web qui permet d’accéder au fameux ‘Dark Web’.
  • Un service VPN: les ‘réseaux privés virtuels’ permettent de modifier virtuellement le lieu de connexion ou de se rendre totalement invisible.
  • Système d’exploitation: Qubes, Whonix ou Tails sont les plus privilégiés par le groupe et il vaut mieux éviter Mac et Windows.

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