Telegram va-t-il connaitre le même destin que Parler ?

Telegram. - Isopix
Telegram. – Isopix

Une association américaine poursuit en justice Apple pour ne pas avoir supprimé Telegram de son App Store. L’application de messagerie est considérée comme un vecteur de message haineux et d’appels à la violence.

Pour l’association Coalition for a Safer Web, Telegram mérite la même sanction que Parler. Ce réseau social est utilisé par de nombreux membres de l’extrême droite, notamment dans le cadre des émeutes du Capitole. La plateforme a donc été retirée la semaine dernière de l’App Store d’Apple et du Google Play Store pour ‘incitation à la violence’.

Telegram est accusé des mêmes délits. Outre les conversations privées, l’application propose aussi des groupes publics, où tout le monde peut s’inscrire et discuter avec des inconnus. C’est sur ces groupes que les discours de haine et de violence auraient été publiés. Pour l’ex-ambassadeur des États-Unis, Marc Ginsberg, cette messagerie est un ‘super-diffuseur’ de discours haineux et serait même pire que Parler.

Dans un document remis au tribunal de Californie, les défenseurs d’un internet plus sûr expliquent que Telegram est utilisé pour ‘coordonner et inciter à la violence extrême’, notamment avant l’investiture du futur président américain Joe Biden. La messagerie comporterait également des messages antisémites et racistes, sans que les gestionnaires modèrent les propos.

Atteindre Telegram via Apple

Le problème est que Telegram est une application d’origine russe, basée à Dubaï. Il est donc difficile pour les tribunaux américains d’agir directement sur sa gestion. Mais il est par contre possible d’agir sur les plateformes qui hébergent l’application, comme Apple.

Le but de la poursuite en justice est donc de forcer Apple à supprimer la messagerie. L’association va également faire la même demande à Google. De cette manière, l’application ne sera plus accessible sur smartphone et le groupe de défenseurs espère que cela fera réagir ses créateurs Nikolaï et Pavel Dourov.

En 2018, l’application avait déjà été supprimée de l’App Store après que de la pédopornographie y ait été découverte. Le bannissement n’a duré que quelques heures, le temps que le contenu soit supprimé.