Les voitures autonomes ? « Plus de trafic et une vitesse ralentie »

Une automatisation complète du parc automobile entraînerait probablement une augmentation du trafic et une diminution de la vitesse sur les zones déjà congestionnées du réseau routier belge, selon une simulation du Bureau fédéral du plan, diffusée lundi. La voiture autonome serait victime de son succès. Avec des avantages qui se transformeront en inconvénients aux heures de pointe.

L’organisme fédéral d’études et de prévisions s’est penché sur l’impact d’une automatisation complète du parc automobile belge. Un exercice technique, étant donné que de nombreux paramètres sont difficiles à prévoir. Le Bureau du plan en a tout de même ressorti quelques conclusions provisoires.

Ainsi, il est attendu que les voitures autonomes améliorent la fluidité du trafic, grâce à un temps de réaction plus court par rapport aux êtres humains, des intervalles réduits entre les véhicules, une réduction du nombre d’accidents, une meilleure répartition de la circulation sur le réseau, une meilleure synchronisation avec les feux de signalisation et une plus grande stabilité des flux de circulation. Cette fluidité va accroître l’attrait de la voiture et ainsi la demande de transport avec ce véhicule. À l’échelle nationale, la demande devrait augmenter de 1% environ.

En outre, les voitures autonomes vont diminuer le coût du temps passé sur les routes : il ne faudra plus prendre garde au trafic et le trajet en voiture sera moins perçu comme du temps « perdu », renforçant encore l’attrait de la voiture. Le nombre de véhicules/kilomètres en voiture va ainsi augmenter de 18 à 23% par rapport à un scénario sans voitures automatisées. La vitesse sur les routes les plus congestionnées va dès lors chuter, jusqu’à une baisse de 37% dans la zone délimitant le réseau express régional autour de Bruxelles.

Vers une baisse des coûts ?

Si une voiture autonome coûtera plus cher à l’achat, la baisse de la consommation d’énergie par kilomètre compensera cette hausse ainsi que la diminution des coûts d’assurance. Cette baisse de coûts monétaires entraînera à nouveau une augmentation de la demande de déplacements en voiture, de l’ordre de 2% environ.

La baisse des coûts en temps et monétaires combinée va entraîner une augmentation de la demande totale de transport, de maximum 12,8 milliards de passagers/kilomètres par an, prévoit le Bureau du plan. La hausse de la demande de transport en voiture sera bien plus forte que la baisse de la demande d’autres modes de transport.

Les effets sur la vitesse des modes routiers sont très variables, pointe l’organe fédéral. Aux heures de pointe, la vitesse moyenne va ainsi diminuer de 28% sur le réseau express régional autour de Bruxelles tandis que dans les zones moins congestionnées, la baisse de la vitesse des voitures ne dépassera pas les 5%.

« Cette première analyse d’impact repose sur certaines hypothèses simplificatrices – mais de nombreux éléments qui ne sont pas pris en compte dans l’analyse amènent à conclure que l’augmentation des volumes de trafic devrait même être plus importante », conclut le Bureau du plan. Les voitures autonomes pourraient ainsi créer une nouvelle demande de la part de personnes qui ne conduisent pas actuellement, comme les enfants ou les personnes à mobilité réduite.

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