Les prix du chêne et du hêtre s’envolent, au grand dam des scieries wallonnes

Les feuillus sur pied, et plus précisément les chênes et les hêtres, ont vu leur prix s’envoler ces derniers mois, en raison d’une forte demande à l’exportation, ce qui fait l’affaire des propriétaires, tant privés que publics, mais fait craindre une catastrophe au niveau des scieries wallonnes, selon le dernier baromètre économique de l’Office économique wallon du bois (OEWB).

Alors qu’ils étaient repliés en 2019 et 2020, les prix des chênes sur pieds ont connu une « incroyable envolée » en 2021. En forêt privée, les prix ont atteint de 90 à 150 euros/m3 pour les chênes de qualité de 120 à 149 cm de circonférence à 1,50 m et jusqu’à 220 à 300 euros/m3 pour les spécimens les plus gros.

Pour le hêtre, porté également par le marché à l’exportation, le prix flirte avec les 100 euros/m3.

Des prix très élevés qui font sourire les propriétaires forestiers, dont les revenus s’envolent, mais qui font grimacer les scieurs locaux qui « n’ont quant à eux pas pu suivre ce rythme endiablé et se retrouvent, comme la cigale, particulièrement démunis à l’entrée de l’hiver sans avoir chanté tout l’été », constate l’Office économique wallon du bois.

Si la pression des exportateurs fait souffrir les scieries wallonnes de feuillus, dont le nombre fond comme neige au soleil, « dans l’état actuel des choses, l’exportation de grumes n’est pas intégralement un mal, car elle assure un débouché au hêtre qui n’est pratiquement plus scié en Wallonie et aux épicéas scolytés qui ne peuvent être intégralement transformés sur place », nuance l’OEWB.

Parmi les résineux, qui représentent plus des trois quarts de la récolte wallonne (soit près de 3,22 millions de m3, contre 0,95 million de m3 pour les feuillus), les prix des épicéas ont, dans un premier temps, bondi durant le printemps. « Cette embellie inespérée a dopé les propriétaires privés qui, échaudés par la crise de scolytes, ont mis de grandes quantités de bois sur le marché durant l’été.

Cet afflux estival imprévu a rempli les parcs à grumes et tempéré les ardeurs des acheteurs à l’entrée des ventes d’automne. Il s’en est alors suivi un recul de la demande avec un léger tassement des prix », constate l’Office. Quant au douglas, il « garde le vent en poupe » alors que le mélèze reste demandé, avec un prix  stable, et que le pin, après deux ans de galère, profite d’un regain d’intérêt. Plus généralement, l’Office économique wallon du bois rappelle que la crise des scolytes et la surexploitation de l’essence « font craindre une forte réduction de la disponibilité en épicéas dans les années à venir » en Wallonie.

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