Principaux renseignements
- L’économie russe est en récession, ce qui entraîne un nombre record de fermetures de petites et moyennes entreprises.
- La fiscalité élevée, la baisse des dépenses de consommation et la hausse des taux d’intérêt paralysent les PME russes dans des secteurs tels que le commerce de détail et la restauration.
- Sans un soutien accru du gouvernement, les analystes prévoient que la vague de fermetures de PME se poursuivra tant que les difficultés économiques de la Russie persisteront.
L’économie russe traverse une période difficile, marquée par une inflation croissante, une baisse des dépenses de consommation et la première contraction économique depuis 2023. Ces facteurs ont un impact disproportionné sur les petites et moyennes entreprises (PME), entraînant une augmentation alarmante des fermetures.
Une vague de fermetures de PME
Les données de Kontur.Focus révèlent qu’environ 209 000 PME ont été liquidées au premier trimestre de cette année, ce qui représente une hausse de 9 pour cent par rapport à la même période l’année dernière. Des secteurs tels que le commerce de détail, les salons de beauté et la restauration subissent des conséquences particulièrement graves en raison des taux d’intérêt élevés, de la baisse de la demande et de l’alourdissement de la charge fiscale.
Les mesures de relance prises par le gouvernement russe en temps de guerre se sont révélées largement inefficaces pour contrer ces pressions. De plus, des changements de politique tels que l’introduction de l’obligation de s’acquitter de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pour les entreprises dont le chiffre d’affaires annuel se situe entre 20 et 60 millions de roubles et l’augmentation du taux de TVA à 22 pour cent pèsent encore davantage sur les PME.
Situation financière précaire
L’économiste Dmitry Polevoy souligne la situation financière précaire à laquelle sont confrontées de nombreuses entreprises privées, affirmant qu’elles fonctionnent avec des réserves en baisse. Il met en garde contre le fait que des impôts plus élevés pourraient aggraver le problème, risquant de conduire certaines entreprises à la faillite.
Les restaurants et les cafés sont particulièrement vulnérables : une enquête menée en mars par Aktion Accounting indique que 94 pour cent de ces établissements sont soit à peine rentables, soit déjà en perte. Le nombre de fermetures dans le secteur de la restauration a bondi de 29 pour cent en glissement annuel en janvier et février, entraînant la fermeture d’environ 7 300 établissements.
Évolution du comportement des consommateurs
Alexei Komkov, consultant chez Adizes Business Consulting, attribue cette tendance à des facteurs tels que la pénurie de main-d’œuvre, la hausse des coûts de personnel, la fiscalité élevée et la baisse de la demande. Il observe un changement dans le comportement des consommateurs, les sorties au restaurant étant désormais considérées comme des occasions spéciales plutôt que comme des activités quotidiennes.
Le secteur de la vente au détail de vêtements se prépare également à relever des défis de taille, l’économiste Olga Popkova prévoyant que jusqu’à 40 pour cent des magasins de vêtements pourraient fermer leurs portes d’ici la fin de l’année. Les grandes chaînes réduisent déjà leurs activités, illustrant l’impact généralisé des vents contraires économiques sur les entreprises de toutes tailles.
Poursuite des fermetures attendue
Les analystes prévoient que la vague de fermetures de PME se poursuivra, l’inflation restant obstinément élevée et le pouvoir d’achat des consommateurs s’affaiblissant. Ces perspectives sont encore aggravées par une réduction du soutien gouvernemental aux petites entreprises. Le premier trimestre a vu une baisse de 6 pour cent du nombre d’entreprises bénéficiant d’aides d’État, tandis que les subventions, les aides et le soutien à l’investissement en capital ont presque diminué de moitié par rapport à l’année précédente.
Les coupes budgétaires visant le programme fédéral pour les petites et moyennes entreprises soulignent encore davantage la réduction du filet de sécurité pour les PME en difficulté. Cette conjonction de facteurs dresse un tableau sombre du paysage des petites entreprises en Russie.
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