Les perturbations de l’approvisionnement en GNL du Qatar provoquent une volatilité sur le marché mondial


Principaux renseignements

  • Les perturbations de l’approvisionnement qatari provoquent une instabilité sur le marché mondial du GNL.
  • Les frappes de missiles iraniens ont réduit la capacité d’exportation du Qatar de 17 pour cent.
  • Les risques géopolitiques et la forte hausse de la demande font grimper les prix du gaz.

Le marché mondial du gaz naturel liquéfié (GNL) devrait rester instable pendant plusieurs mois en raison des interruptions d’approvisionnement en provenance du Qatar. Cette volatilité persiste malgré la réouverture du détroit d’Ormuz, suite aux dégâts importants subis par les infrastructures énergétiques de l’un des principaux pays producteurs de gaz au monde.

Retards d’expédition

Edison SpA, une entreprise énergétique italienne détenue par la société française EDF, a indiqué que QatarEnergy avait prolongé sa déclaration de force majeure. En conséquence, quatre livraisons supplémentaires de GNL destinées au terminal Adriatic LNG en Italie seront reportées jusqu’au début du mois de septembre.

Selon un communiqué publié mardi par Edison, le nombre total de cargaisons manquantes entre avril et septembre s’élève désormais à 21, ce qui représente une perte d’environ 2,7 milliards de mètres cubes de gaz.

Impact des attaques de missiles iraniens 

Ces perturbations découlent des frappes de missiles iraniens menées en mars, qui visaient des sites énergétiques du Golfe en représailles aux actions d’Israël et des États-Unis. Les attaques ont touché deux trains de production de l’installation de Ras Laffan — le plus grand hub d’exportation de GNL au monde —, réduisant la capacité d’exportation annuelle du Qatar d’environ 17 pour cent, soit 12,8 millions de tonnes.

Ces événements ont gravement entravé l’accord de 25 ans conclu entre QatarEnergy et Edison, qui garantit normalement à l’Italie 6,4 milliards de mètres cubes de gaz par an. Bien qu’Edison ait réussi à trouver des sources alternatives pour 14 des 21 livraisons manquantes, la société affirme que ses clients ne subiront pas les conséquences de ce déficit.

Pertes financières

Les répercussions financières et structurelles sont immenses : l’entreprise publique qatarienne estime à 20 milliards de dollars (17,5 milliards d’euros) la perte de chiffre d’affaires annuelle et prévoit un délai de remise en état pouvant aller jusqu’à cinq ans pour les installations endommagées. QatarEnergy n’a pas publié de commentaire officiel concernant ces chiffres.

Les experts du secteur préviennent que les prix du gaz ne devraient pas revenir aux niveaux d’avant le conflit dans un avenir proche. Laura Page, de Kpler, a noté qu’une prime de risque persisterait probablement tant que les négociations menées pendant le cessez-le-feu de 60 jours entre les États-Unis et l’Iran resteraient incertaines.

De plus, on s’attend à des conditions d’approvisionnement tendues à l’approche du pic estival, en raison de la hausse de la demande en provenance de la Chine et de la Thaïlande, ainsi que des coupures d’électricité dans les centrales nucléaires sud-coréennes.

Hausse des prix de référence

L’impact économique est manifeste dans l’indice de référence JKM pour l’Asie du Nord-Est, où les contrats à terme pour août s’établissaient à 15,521 dollars par million d’unités thermiques britanniques (BTU) le 24 juin, soit une hausse significative par rapport au prix d’avant-guerre de 10,697 dollars enregistré le 27 février.

Les préoccupations en matière de sécurité continuent de peser sur les voies maritimes. Kpler a signalé qu’au moins deux méthaniers liés à QatarEnergy ont fait demi-tour près du détroit d’Ormuz la semaine dernière. Cet incident s’est produit après que les forces iraniennes ont lancé des frappes contre des navires dans les eaux omanaises et émis des avertissements contre l’utilisation de couloirs maritimes non autorisés.

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