Principaux renseignements
- La Russie supprime les restrictions professionnelles liées au genre afin de lutter contre une grave pénurie de main-d’œuvre.
- Les modifications législatives ciblent les secteurs à risque afin d’intégrer les femmes dans la population active d’ici 2027.
- La conscription militaire et l’émigration massive sont à l’origine du déficit actuel de main-d’œuvre.
Pour lutter contre une crise de la main-d’œuvre qui ne cesse de s’aggraver, le gouvernement russe entend élargir encore davantage l’éventail des métiers ouverts aux femmes. Selon Olga Batalina, première vice-ministre du Travail et de la Protection sociale, le pays est en train de revoir ses restrictions relatives aux rôles spécifiques à chaque sexe afin d’atténuer une pénurie de main-d’œuvre alimentée par l’émigration, la conscription militaire et les changements démographiques.
Lors du forum « Femmes du Nord », Batalina a souligné que les progrès technologiques et la mise en place de pratiques industrielles plus sûres ont rendu de nombreux métiers traditionnellement masculins accessibles aux femmes, citant en exemple la récente nomination de la première conductrice de train de marchandises du pays.
Liste des professions interdites
Historiquement, la législation russe interdisait aux femmes l’accès à des centaines de métiers jugés trop dangereux ou physiquement éprouvants, principalement pour protéger leur santé reproductive. Cette liste de professions interdites a été considérablement réduite en 2021, passant de 456 à 100.
Des restrictions s’appliquent encore aujourd’hui à certains secteurs, tels que la métallurgie, l’extraction pétrolière et gazière, l’exploitation minière et l’industrie chimique. Toutefois, dans le cadre d’une stratégie économique nationale plus large, le gouvernement vise à réduire encore cette liste d’ici 2027, ce qui nécessitera une mise à jour de la réglementation du ministère du Travail concernant les environnements de travail dangereux.
Obstacle économique
L’urgence de ces changements découle d’une pénurie critique de main-d’œuvre qui est devenue un obstacle économique majeur. Les projections du ministère du Travail indiquent que le déficit pourrait atteindre 3,1 millions d’ici 2030. Parallèlement, le vivier de travailleurs disponibles s’est réduit de 40 pour cent depuis 2021, tombant à environ 4,4 millions selon FinExpertiza.
Autres solutions
Diverses stratégies ont été proposées pour pourvoir ces postes vacants. Parmi les propositions figurent l’autorisation pour les jeunes de 12 ans d’exercer un emploi d’été officiel et l’accueil d’un nombre illimité de travailleurs indiens pour des postes dans le commerce de détail et l’industrie manufacturière.
Le démographe Igor Yefremov estime que la crise trouve son origine dans la mobilisation d’environ 1,7 million de personnes pour le service militaire entre 2022 et 2025. De plus, la main-d’œuvre a été décimée par l’exode de près d’un million de citoyens depuis le début du conflit et par une diminution d’environ un million de travailleurs migrants due au durcissement des politiques d’immigration.
(at)
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