Les médecines alternatives sont fondées sur un leurre

Les médecines douces, ou alternatives, captent 60 milliards de dollars de recettes par an, qui sont autant de gaspillages, car très peu de traitements (des herbes contenant des molécules actives pour la plupart) ont des effets bénéfiques prouvés. Ainsi, de l’acupuncture en passant par l’homéopathie, la plus grande majorité, soit 95%, n’offre rien d’autre que l’effet placebo, cette tendance des patients à répondre à tout traitement qui leur est administré par une amélioration de leur santé, lorsqu’ils sont convaincus que le traitement en question pourrait les soigner, alors que celui-ci ne contient aucun principe actif contre la maladie.

Le concept même de « médecine alternative » est un leurre, affirme The Economist, et il faudrait que quelqu’un se penche sur les affirmations de ces pseudos-médecines. Si elles marchent, alors elles devraient être classées comme des disciplines médicales à part entière, et règlementées en tant que telles. Si elles ne fonctionnent pas, alors, ce ne sont pas des médecines.

Toutefois, la vraie médecine ne doit pas oublier ce que la médecine alternative propose, justement : l’effet placebo. Il apporte un soulagement bien réel, en particulier lorsqu’il s’agit de pathologies nerveuses, comme la douleur, ou la dépression. Au-delà de celui-ci, il y a un effet « collatéral » : l’état de santé du système immunitaire est lié à l’état mental. Un esprit sain compte pour beaucoup, spécialement dans un corps en mauvaise santé. Par-dessus le marché, il n’est pas nécessaire de tromper les patients en présentant la médecine alternative pour plus efficace qu’elle ne l’est réellement : les études ont démontré que les effets placebos marchent même lorsque les patients savent que les pilules qui leur sont administrées sont des succédanés sans principe actif.

En fin de compte, ce que la médecine alternative propose réellement, c’est une attention particulière au malade. Dans un monde où les traitements sont de plus en plus dépersonnalisés suite au traitement industriel des soins de santé, la durée moyenne d’un rendez-vous chez un médecin britannique a été réduite à 8 petites minutes. Or, de ce point de vue, les patients obtiennent bien plus de leurs thérapeutes des médecines alternatives. Ils les récompensent en croyant que c’est la thérapie qui apporte le mieux-être, et non l’attention.

Peu importe : en fin de compte, ils vont mieux. « Prenez plus soin du patient en tant qu’individu que des caractéristiques de la maladie », avait conseillé Sir William Osler, un des pères de la vraie médecine. Les thérapeutes ont bien compris son message… 

 

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