Les masques n’empêcheraient pas les contaminations chez les coiffeurs et autres salons d’esthétique

(Daina Le Lardic / Isopix)

Il serait difficile d’éviter toute contamination dans les salons de soins et de coiffure, selon une récente étude japonaise. Et cela même avec le masque. La cause serait la position du coiffeur, de l’esthéticien ou même du médecin par rapport au client.

L’étude, publiée cette semaine dans Physics of Fluids, explique que lorsqu’une personne effectue un soin au-dessus du client, il y a un risque de contamination, même avec le masque. Cela peut arriver chez le coiffeur, lors d’un massage, d’une épilation ou d’un soin chez le kinésithérapeute ou le dentiste. Au final, tous les métiers de contact, comme on les a appelés en Belgique, sont concernés, ainsi que quelques professions médicales.

Rien que pour les coiffeurs, cela représente 1 million de contacts par jour, a estimé Sciensano. Lors d’une conférence de presse, les porte-parole avaient d’ailleurs donné une série de conseils sur le port de masque. Ils invitaient les coiffeurs à porter des masques avec le label CE, qui convient le mieux à la forme du visage, quitte à faire un petit nœud, près du masque, avec les élastiques.

Comment ?

Pour expliquer les potentielles infections, il faut se rappeler du mode de transmission du Covid-19. Lorsqu’on parle sans masque, on envoie des gouttelettes loin devant soi. La personne en face de vous peut donc être contaminée si vous êtes porteur du virus. Même chose pour une personne assise ou couchée proche de vous.

Avec le masque, les gouttelettes sont ralenties, voire arrêtées. Elles vont former une sorte de nuage de vapeur autour de vous. Avec la gravité, les particules vont être tirées vers le bas. S’il y a donc quelqu’un juste en dessous de vous, il risque de respirer ce nuage de vapeur.

Les chercheurs de l’Université Aoyama Gakuin et du Yamano College of Aesthetics se sont servis d’une cigarette électronique pour créer un nuage de vapeur autour d’une personne et mieux observer les flux d’air. Le participant devait ensuite prononcer un mot, avec ou sans masque, et dans différentes positions. Les scientifiques pouvaient alors voir où se déplaçaient les gouttelettes expulsées par le participant.

Contre-exemple

La question des métiers de contact a toujours été sensible. Et c’est pour cette raison qu’ils sont restés fermés aussi longtemps. Toutefois, une étude de cas américaine montrait que le port du masque offrait une très bonne protection au client.

Le Centre américain de prévention et de lutte contre les maladies a étudié le cas d’un salon de coiffure dans l’État du Missouri. Un premier coiffeur a ressenti des symptômes du Covid-19 en mai, mais a continué de travailler pendant plusieurs jours. Le second coiffeur est tombé malade peu de temps après. Pendant les pauses, les deux collègues se parlaient sans masque, et le premier a donc contaminé le second.

Alors qu’ils étaient tous les deux infectés, pas moins de 140 personnes ont fréquenté l’établissement. Mais les deux coiffeurs portaient toujours leur masque avec leurs clients. Aucun des 67 clients qui ont bien voulu faire un test n’a été diagnostiqué positif au Covid-19. Les autres n’ont pas présenté de symptômes au cours des 15 jours qui ont suivi. Tous ne portaient pourtant pas un masque dans le salon.

Cet exemple laisse donc entendre qu’un masque peut protéger les clients. Et la différence entre les deux études montre que la théorie n’est pas toujours ce qu’il se passe dans la réalité. Toutefois, l’analyse japonaise indique qu’il faut bien respecter les règles pour le port du masque (changer régulièrement, se laver les mains, utiliser un masque efficace, etc.) doivent être respectées à la lettre.

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