Coronavirus en voiture: quelles vitres ouvrir pour limiter les risques de contamination?

Selon Daimler, les technologies sont cruciales pour l’avenir de l’automobile. – Jens Kalaene/Picture Alliance

Même en portant un masque dans votre voiture, vous n’êtes pas protégé à 100% contre le coronavirus lorsque d’autres passagers sont présents dans le véhicule. Pour permettre à l’air de circuler le plus efficacement possible et ainsi réduire les risques de contagion, des scientifiques américains ont effectué quelques recherches. Le but: faire des simulations pour savoir quelles fenêtres ouvrir afin de réduire les risques de transmission dans l’habitacle. 

Même en portant un masque buccal, nous répandons toujours de petites particules dans l’air lorsque nous respirons. C’est en tout cas ce qu’affirme le professeur américain de physique Verghese Mathai, de l’université du Massachusetts. Dans un espace clos, ces particules microscopiques s’accumulent et vous pouvez contaminer les autres passagers, et vice versa.

Dans le but de trouver des solutions pour rendre le covoiturage à deux aussi sûr que possible, le professeur Mathai et trois collègues de l’université de Brown ont réalisé des simulations informatiques pour étudier comment ces particules se déplacent dans la voiture. Les résultats de leurs recherches, publiés dans la revue Science Advances, suggèrent qu’ouvrir certaines fenêtres pourrait réduire la propagation des particules virales.

L’équipe de recherche a réalisé une simulation en utilisant un modèle de voiture inspiré de la Toyota Prius. Dans l’expérience, la voiture roulait à 80 kilomètres à l’heure, avec un conducteur à l’avant gauche et un passager à l’arrière droit – une disposition que l’on retrouve souvent dans les taxis et qui respecte autant que possible les règles de la distanciation sociale.

Une barrière d’air

Dans une première analyse, les chercheurs ont découvert que la façon dont l’air se déplace à l’extérieur de la voiture provoque une différence de pression à l’intérieur du véhicule. La pression de l’air enregistrée à l’avant s’est avérée être légèrement inférieure à celle observée à l’arrière. En d’autres termes, l’air à l’intérieur de la voiture a tendance à circuler de l’arrière vers l’avant.

Le flux d’air à l’intérieur du véhicule a ensuite été cartographié,  tout comme l’air conditionné, selon que les fenêtres du véhicule soient ouvertes ou fermées. La climatisation est restée enclenchée lors de toutes les simulations. Les chercheurs ont remarqué que lorsque toutes les fenêtres d’une voiture restent fermées, environ 8 à 10% des aérosols expirés atteignent l’autre personne dans le véhicule. Lorsque toutes les fenêtres sont ouvertes, ce pourcentage est tombé à 0,2 à 2%. D’après les chercheurs, ces résultats ne sont pas surprenants, puisqu’il est recommandé de ventiler les espaces clos autant que possible.

Mais ce qui a surpris les chercheurs, ce sont les résultats obtenus lors des simulations dans lesquelles seules quelques fenêtres ont été ouvertes. Intuitivement, on pourrait penser qu’ouvrir une fenêtre qui se trouve à côté du conducteur et du passager serait le moyen le plus efficace d’évacuer les particules le plus rapidement possible. Les résultats montrent qu’en réalité, il est préférable d’ouvrir les fenêtres  qui se trouvent à l’opposé des occupants. Cela permet à l’air frais de circuler entre les vitres arrière gauche et avant droite, créant ainsi une barrière naturelle entre le passager et le conducteur. En outre, il a été prouvé qu’ouvrir les fenêtres à moitié semble être aussi bénéfique que de les ouvrir complètement. 

Une étude sophistiquée

Richard Corsi, expert en qualité de l’air à l’université d’État de Portland, fait l’éloge de cette étude. ‘Ce qu’ils ont étudié est assez sophistiqué. Les études sur la contamination se concentrent souvent sur les super-contaminateurs ou les événements qui attirent de nombreux participants. Mais nous oublions souvent qu’un tel événement s’opère par l’arrivée d’une personne infectée. Nous ne parlons généralement pas de la manière dont cette personne a été infectée’. Dans l’une de ses études, Corsi suggère qu’un trajet de 20 minutes en voiture entraîne une exposition à des particules infectieuses qui peuvent être plus menaçantes que le fait de s’asseoir ensemble dans une salle de classe ou dans le même restaurant pendant plus d’une heure. Ces trois situations incluaient aussi le port du masque dans leurs données.

Autre point important de cette étude: ouvrir toutes les fenêtres est toujours préférable. En outre, cette étude n’a examiné qu’une configuration spécifique avec deux personnes.