Principaux renseignements
- Deux catastrophes maritimes ont causé de graves dommages écologiques le long des côtes de l’Iran et d’Oman.
- Les litiges juridiques liés à la marée noire du Minoan Pioneer mettent en évidence la complexité des demandes d’indemnisation pour pollution liée à la guerre.
- La « flotte fantôme » russe représente une menace environnementale considérable en raison de ses pétroliers vieillissants qui contournent les sanctions.
Le golfe Persique est confronté à une grave crise écologique après que deux naufrages distincts ont provoqué une pollution à grande échelle le long des côtes de l’Iran et d’Oman. En Iran, des dépôts de pétrole ont pollué les côtes de l’île de Qeshm. La pollution touche principalement la région de Shib Deraz et les forêts de mangroves de Hara. Les autorités iraniennes affirment que la majeure partie de la marée noire avait été éliminée en milieu de semaine. Le gouvernement réclame néanmoins des dommages-intérêts. La porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a déclaré que des décennies de pollution de ce type avaient entraîné des pertes s’élevant au total à des trillions de dollars pour les zones côtières iraniennes. Elle a fait valoir que les consommateurs d’énergie et les assureurs maritimes avaient l’obligation morale et légale de financer les travaux de remise en état.
Minoan Pioneer
Certains éléments indiquent que la marée noire iranienne aurait été causée par le Minoan Pioneer, un vraquier exploité par des Grecs et battant pavillon libérien. Un projectile aurait touché le navire le 3 août, provoquant un incendie et des pannes de moteur. Plusieurs services de sécurité suggèrent que les forces armées iraniennes seraient à l’origine de cette attaque. Téhéran est toutefois resté silencieux à ce sujet. Des observateurs maritimes notent que la marée noire a dérivé vers les eaux iraniennes, créant ainsi une situation dans laquelle le pays subit les conséquences de sa propre agression présumée.
Indemnisation
De plus, les lois internationales relatives à l’indemnisation en cas de pollution par les hydrocarbures ne couvrent généralement pas les dommages résultant d’actes de guerre, ce qui pourrait entraver les demandes d’indemnisation de l’Iran. Les enjeux environnementaux sont considérables, car l’île de Qeshm abrite des habitats importants pour les oiseaux migrateurs et la tortue imbriquée, une espèce gravement menacée.
Catastrophe dans les eaux omanaises
Dans le même temps, une catastrophe bien plus grave se déroule au large des côtes d’Oman. Le Caroline Bezengi, un pétrolier faisant partie de la « flotte fantôme » russe, s’est échoué en juin près des îles Hallaniyat à la suite d’une explosion. Le navire, exploité par des entités chinoises, transportait environ un million de barils de pétrole russe. Les données satellitaires indiquent une expansion rapide de la marée noire. La tache s’est étendue, passant de quelques kilomètres carrés fin juillet à plus de 2 000 kilomètres carrés mercredi. Cette marée noire a déjà pollué environ 40 kilomètres de côtes omanaises près de Ras Madrakah.
Menaces pour la biodiversité
L’impact sur la biodiversité d’Oman est considérable, car les îles Hallaniyat touchées constituent une réserve naturelle protégée. La zone est un sanctuaire pour les récifs coralliens, les cormorans de Socotra et les baleines à bosse de la mer d’Oman. La saison actuelle de la mousson complique davantage les opérations de nettoyage en provoquant des conditions météorologiques instables dans la région.
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